Le capital humain devient alors plus important que le capital financier ou technique. A qui appartient alors l’entreprise? Il devient indispensable de tenir compte de cette nouvelle donne économique et sociale. Car la financiarisation de nos économies a tendance à l’occulter dangereusement, en considérant le « capital humain » comme une simple variable d’ajustement du calcul financier.

THÈMES DE RECHERCHE

La notion de capital humain s’impose comme une nouvelle dimension à prendre en compte dans le gouvernement d’entreprise. Il est conventionnellement défini comme l’ensemble des compétences et savoir-faire détenus par les individus et mobilisés par l’entreprise.
L’entreprise industrielle traditionnelle était pensée comme un lieu accumulant de la technologie mais plutôt indifférente aux compétences spécifiques des humains qui y travaillaient. Or aujourd’hui, le « capital humain » est devenu essentiel parce qu’une partie considérable des activités de services dépend presque uniquement des compétences des individus.

Aussi deux questions majeures se posent :

Que traduit la propriété financière de l’entreprise lorsqu’une part importante de la valeur créée par celle-ci dépend du capital humain ?

« L’infidélité » des actionnaires qui considèrent l’entreprise comme un lieu d’investissement peut devenir incompatible avec la « fidélité » nécessaire des ressources humaines indispensables à la création de valeur.
Pour comprendre ces interactions, nos travaux de recherche font le lien entre l’évolution de l’actionnariat et l’identification des salariés à leur entreprise : les salariés sont-ils toujours fidèles quand les actionnaires ne le sont pas ?
Nous nous appuyons particulièrement sur les bases de données de l’IFGE intégrant les rapports sociaux des principales entreprises françaises depuis 5 ans. Nous pouvons ainsi croiser les données financières, économiques et sociales des entreprises pour mieux repérer les relations entre elles.

En sens inverse, lorsque les salariés veulent développer leur capital humain…

… l’entreprise est un lieu qui peut valoriser mais aussi dévaloriser ce capital (perte de compétences, de réputation, de réseau, etc.).

Pour éviter cette dévalorisation, ils demandent des « comptes » à leurs dirigeants et agissent sur le gouvernement d’entreprise en leur faveur.

Nos travaux essentiellement qualitatifs portent particulièrement sur l’évolution du gouvernement des entreprises qui utilisent un capital humain fortement autonome (laboratoires de recherche, institutions financières, etc.) pour comprendre comment celui-ci participe au gouvernement de l’entreprise de manière à valoriser leur capital humain.

 Vous voulez contribuer à ces recherches, prenez contact avec :  Bertrand Valiorgue

Témoignage

Pascale Levet

Directrice Lab’ho ADECCO

Face à la complexification croissante des décisions, les cadres d’analyse développés par l’IFGE permettent de réduire la distance entre un « savoir savant » destiné à une élite et le vécu quotidien des acteurs souvent noyés par une connaissance diffuse et faiblement théorisée.

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