Jack Ma et Elon Musk : la subversion assumée

Jack Ma & Elon Musk - conférence

Jack Ma est une star du capitalisme contemporain. Parti de rien, il fonde en 1999 Alibaba, qui est devenu le plus grand site de e-commerce au monde. Depuis 2004, il développe Ant Group, géant du paiement en ligne et du crédit aux particuliers. En 2020, il détient la première fortune chinoise. Mais en octobre 2020, après un discours de M. Ma contre le système bancaire, les autorités chinoises suspendent l’introduction de Ant Group à la Bourse de Hongkong prévue début novembre. Depuis, Jack Ma n’est plus apparu en public.

La trajectoire de M. Ma ne se réduit pourtant pas à la lutte d’un entrepreneur génial contre un Goliath bureaucratique. Un parallèle avec Elon Musk, autre entrepreneur star, américain, peut s’avérer plus éclairant sur son destin.

L’un et l’autre ont fondé leur réussite privée à l’abri de solides protections publiques. Comme tous les géants chinois du digital, Alibaba a profité de l’interdiction faite aux concurrents étrangers d’opérer en Chine. De son côté, Elon Musk a sauvé sa société spatiale Space X fondée en 2002, en signant dès 2008 des contrats avec la NASA pour ravitailler la station spatiale internationale. Il a bénéficié, depuis, du programme civil et militaire visant à reconquérir la suprématie américaine dans la conquête de l’espace.

Loin d’être des entrepreneurs solitaires luttant contre des administrations obtuses, leur force a consisté, au contraire, à exploiter des secteurs abrités incapables de se réformer.

L’un comme l’autre sont d’ailleurs proches des pouvoirs politiques : Jack Ma est membre du Parti communiste chinois, Elon Musk fut, en 2016, un conseiller, puis en 2020, un soutien public de Donald Trump.

Deux entrepreneurs aux limites des règles

La position de ces deux entrepreneurs leur a permis d’être créatifs aux limites des règles. Les données personnelles, accumulées en l’absence de droit par le site de vente en ligne Alibaba, alimentent l’activité de crédits aux particuliers gérés par Ant, qui échappe lui-même au contrôle auquel est soumis le système bancaire chinois.

Elon Musk, quant à lui, est un familier des déclarations et des Tweet tonitruants. Il a été poursuivi à plusieurs reprises par la SEC, le régulateur de la Bourse de New-York, pour des annonces sur sa société phare Tesla, jugées frauduleuses car susceptibles de tromper les investisseurs et de menacer la confiance envers les marchés. Frôlant la disgrâce, il s’en est tiré par des arrangements amiables et par la perte de son poste de président.

Les deux stars aux personnalités excentriques se donnent volontiers en spectacle dans les médias y compris pour alimenter, par leur image personnelle d’entrepreneurs extraordinaires, une spéculation optimiste sur leurs affaires : l’introduction en Bourse d’Ant Group promettait de rapporter 34 milliards de dollars (environ 29 milliards d’euros), soit la plus forte levée de fonds de tous les temps. Quant au cours de Bourse extravagant de Tesla, il est passé de 70 dollars l’action, en décembre 2019, à 700 dollars un an plus tard, ce qui a propulsé M. Musk au premier rang des fortunes mondiales.

Les capitalismes chinois et américain s’appuient sur des institutions politiques opposées. Mais la mise en parallèle des trajectoires de leurs entrepreneurs stars suggère qu’ils proposent au public une même représentation de la réussite individuelle propre au capitalisme spéculatif : image flamboyante de soi, consécration par la richesse personnelle même démesurée et esprit de subversion assumé – à condition qu’il ne menace ni le régime, ni l’ordre financier, s’il veut éviter la disgrâce.

Retrouvez sur Le Monde l’article original publié le 20/01

Dixième rapport sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MIDDLENEXT

Lyon, le 23 avril 2020 Publication du dixième rapport sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MIDDLENEXT. La gouvernance de 193 entreprises est analysées en détail ce qui en donne une image fidèle particulièrement utile en ces temps de récession économique.

Le rapport 2019 sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance Middlenext vient d’être publié. Comme chaque année Middlenext a confié la supervision de ce rapport à l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE/EMLYON).

Le document présente l’analyse des 193 entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2018. La première décrit les entreprises, leurs systèmes de gouvernance sur les années 2009-2018 et présente en particulier une bonne image de la gouvernance des entreprises moyennes et petites. Présentes dans les 3 compartiments A, B et C du marché, les entreprises se référant au code Middlenext ont majoritairement un bloc familial de référence. La taille des conseils ainsi que le nombre de comités des conseils augmente lentement depuis quelques années.

La deuxième partie donne des détails sur la mise en œuvre concrète des recommandations telle qu’elle apparaît dans les rapports d’activité. On relève que 89% des entreprises font explicitement référence aux conflits d’intérêts durant les conseils, 67% des entreprises abordent la question de la succession du dirigeant actuel, 74% des entreprises n’accordent pas d’indemnités de départ et 83% des entreprises n’ont pas mis en place de régime de retraite supplémentaire.

Pour Pierre-Yves Gomez, professeur emlyon et directeur de l’IFGE, « Depuis la rédaction du Référentiel pour une Gouvernance Raisonnable, en 2009 et le code Middlenext qui en a été déduit, nous sommes heureux d’être associés à cette étude annuelle qui a permis, depuis dix ans, d’accumuler une excellente base de connaissance sur les entreprises de taille petites et moyenne. »

«Le code Middlenext prône la clarté des rôles en matière stratégique. Il insiste sur l’importance de l’exemplarité de tous les acteurs de la gouvernance: dirigeants, administrateurs mais également actionnaires. Son approche pédagogique et pragmatique, mais sans concessions sur les principes, a permis aux entreprises, année après année, de se l’approprier et de le faire vivre concrètement comme en témoigne la rédaction de leurs rapports » souligne Caroline Weber, Directrice Générale de Middlenext.

Lien vers le rapport : 20 20 23_Rapport_application_code_Middlenext-2018

 

Pour une interview de Pierre-Yves Gomez :

Contact communication académique emlyon business school

Valérie Jobard jobard@em-lyon.com + 33 4 78 33 78 29 – @valeriejobardPR

Parution de ‘La Gouvernance d’entreprise’ de Pierre-Yves Gomez (PUF, Collection Que sais-je, 2018)

On définit la gouvernance d’entreprise comme le moyen de légitimer ceux qui, dans l’entreprise, ont le droit d’en orienter l’activité et la stratégie.

Or, toute gouvernance repose sur trois grands pouvoirs : le pouvoir souverain, le pouvoir exécutif, le pouvoir de surveillance. De l’articulation de ces trois pouvoirs dépendent des « régimes de gouvernance » qui sont comme autant de « régimes » en politique. Par quelle fiction légale l’actionnaire est-il souverain ? Les salariés doivent-ils participer à l’exécutif ? Comment être un bon chef d’entreprise ?

Derrière une apparente question technique, Pierre-Yves Gomez met au jour en quoi la manière dont s’établit la gouvernance dans une entreprise détermine en réalité – et ce, bien au-delà de la vie des affaires – une large part des décisions économiques et politiques de notre époque.

(Source)

Rapport sur le code Middlenext 2018

CODE MIDDLENEXT : UNE GOUVERNANCE ADAPTEE A LA SINGULARITE DE CHACUNE DES ENTREPRISES QUI SE L’APPROPRIENT

Parution du neuvième rapport sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MIDDLENEXT : rapport 2018 sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance Middlenext en 2017

Lien vers le Rapport sur le code Middlenext 2018

Le Code de Gouvernance Middlenext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées des recommandations compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire.

Ce code destiné à l’origine aux valeurs petites et moyennes est de plus en plus souvent adopté par des entreprises n’appartenant pas à cette catégorie initiale. En effet de très nombreuses entreprises non cotées, des entreprises cotées sur Euronext Growth ou d’autres organisations utilisent ou se réfèrent au code Middlenext.

Dans le contexte de baisse continue du nombre de sociétés cotées sur un marché réglementé nous constatons une augmentation régulière du nombre d’entreprises qui se réfèrent au code Middlenext : il s’agit de 190 entreprises en 2017 contre 186 en 2016.
Pour mémo : en 2017, il y a eu 16 introductions en Bourse sur le marché réglementé et  38 sorties, soit une baisse de 22 entreprises. En 2016, il y a eu 12 entrées et 37 sorties soit une baisse de 25 entreprises.

Dans le cadre de son Institut de recherche, Middlenext a confié à l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE/EMLYON) l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2017.

Ce rapport comprend deux parties : la première décrit les entreprises, leurs systèmes de gouvernance sur les années 2009-2017 et présente l’évolution de la population des entreprises se référant au code Middlenext. La seconde partie donne des détails sur la mise en œuvre concrète de ses recommandations.

« Ce rapport  s’appuie sur le code révisé en septembre 2016 selon une méthodologie de co-construction qui a associé de très nombreux représentants des entreprises comme de leurs parties prenantes. Si les principes qui ont prévalu à sa rédaction restent inchangés depuis 2009, l’évolution des lois et des réglementations diverses a amené à introduire de nouveaux points de vigilance et de nouvelles recommandations tout en laissant de la souplesse dans les modalités pratiques d’application. Ce code  prône la clarté des rôles en matière stratégique et, avant l’adoption de la loi Sapin 2 relative à la transparence et à la lutte contre la corruption, il insiste  sur l’importance de l’exemplarité de tous les acteurs de la gouvernance : dirigeants, administrateurs et actionnaires. Il souligne également la nécessité d’identifier et de traiter les conflits d’intérêts et de porter une attention particulière aux actionnaires minoritaires.

Cette approche pédagogique et pragmatique a permis aux entreprises, année après année, de  se l’approprier et de le faire vivre concrètement comme en témoigne la rédaction de leurs rapports » souligne Caroline Weber, Directrice Générale de Middlenext.

Fattoum-Guedri, Delmar, et Wright: « The best of both worlds: Can founder-CEOs overcome the rich versus king dilemma after IPO? »

Research Summary: To prevent loss of control post-IPO, founder-CEOs can implement control-enhancing mechanisms disconnecting ownership from voting rights. However, this decision places them in a rich versus king dilemma. If they choose to implement such mechanisms and secure the king position, they risk losing money at IPO. If they choose not to implement control-enhancing mechanisms and adopt the rich position they risk losing control over the firm. We investigate theoretically and empirically the outcomes of this dilemma in a multiperiod setting (at IPO and post-IPO). We found that the majority of founder CEOs who choose the king option recover initial wealth loss, and hence, they can reconcile the rich and king paths in the long-run post-IPO.

Carlos Ghosn ou le mythe de la rationalité sans frontières

Chronique de Pierre-Yves Gomez dans Le Monde du 14/12/2018

« La succession d’un tel leader au pouvoir absolu est une fenêtre de tir idéale pour avancer des pions et recomposer les pouvoirs » (Carlos Ghosn, en septembre 2017 à Paris).

La chute brutale de Carlos Ghosn a stupéfié le monde des affaires. Elle n’aurait pourtant pas dû émouvoir ceux-là mêmes qui invitent à accueillir avec enthousiasme la remise en cause permanente des modèles industriels et des avantages acquis. Après tout, que l’instabilité des postes concerne aussi les dirigeants confirme la réalité d’une économie qui se targue d’être en mouvement perpétuel…

Au-delà de ces apparences, la disgrâce de M. Ghosn s’inscrit en réalité dans une logique banale de compétition pour le pouvoir, notamment lorsque s’ouvre une guerre de succession. Banalité qui donne l’occasion de lever deux illusions sur la gouvernance des très grandes firmes multinationales.

Première illusion : croire que la gouvernance de ces entreprises obéit à une rationalité pure, exempte de passions et d’ambitions privées. Loin d’être institué de manière impartiale pour le service de l’intérêt économique de l’entreprise, le pouvoir de gouverner se désire et se gagne. En vingt ans, M. Ghosn a catalysé par son travail et son charisme un empire industriel devenu le numéro un mondial de l’automobile. A 64 ans, régnant sur près d’un demi-million de collaborateurs dans le monde, il présidait à la fois le groupe multinational et chacune de ses entités nationales : Renault, Nissan, Dacia, AvtoVAZ (la marque Lada) et Mitsubishi Motors depuis 2016.

Un coup fatal

Comme souvent dans les jeux de gouvernance, la succession d’un tel leader au pouvoir absolu est une fenêtre de tir idéale pour avancer des pions et recomposer les pouvoirs : après Carlos Ghosn, le maître du groupe mondial sera-t-il français, comme Thierry Bolloré, actuel DG adjoint de Renault, ou japonais, comme Hiroto Saikawa devenu DG de Nissan en 2017 ?

Question d’orgueil national autant que d’ambitions privées. Les Japonais supportent mal que Renault possède 43 % de Nissan quand leur société ne détient que 15 % du constructeur français et aucun droit de vote. Les dirigeants japonais sont de ce fait privés de toute possibilité de conduire la stratégie du groupe. Pourtant, en 2017, le chiffre d’affaires de Renault était de 59 milliards d’euros, quand celui de Nissan atteignait 93 milliards. Le résultat net du constructeur français était de 2,5 milliards, contre 6,6 milliards pour la firme japonaise. Nissan contribue puissamment à un empire industriel sans que ses dirigeants ne le gouvernent…

La succession de M. Ghosn attise donc ambitions et calculs. Or, la meilleure façon de s’assurer de l’avenir est de précipiter le cours des choses : sur la base d’une dénonciation anonyme, M. Ghosn est accusé de dissimulation au fisc. La justice aura à établir l’exactitude et l’ampleur de la fraude. Mais déjà, en emprisonnant le dirigeant, un coup fatal lui est porté : faire perdre la face est la manière la moins sanglante que le Japon ait inventée pour se débarrasser de quelqu’un. A travers M. Ghosn déchu de la présidence de Nissan et de Mitsubishi, la position des Français est attaquée. C’est donc selon un nouveau rapport de force que se prépare la prochaine séquence de cette partie de go.

Illusion

Une partie qui nous permet de dissiper une deuxième illusion sur la gouvernance des grands groupes. La globalisation n’a pas fait disparaître les ancrages culturels nationaux, même aux niveaux de pouvoir les plus élevés. Au contraire, l’identité nationale constitue une ressource sérieuse pour soutenir les mouvements stratégiques des dirigeants et avancer leurs pions. Ainsi, à Billancourt, on s’appuie aujourd’hui sur l’Etat français actionnaire pour conserver à M. Ghosn la présidence de Renault et tenir la position actuelle dans l’alliance. A Yokohama, siège de Nissan, on compte sur la justice japonaise pour le garder un peu plus longtemps en prison et affaiblir encore la position française.

M. Ghosn a incarné le triomphe d’une globalisation supposée conduire à l’effacement des spécificités nationales au profit des entreprises transnationales. Son éviction nous montre que le monde reste un assemblage de nations que les grandes entreprises exploitent mais ne transcendent pas.

Mémoire de Sébastien Winston : « Construction de l’environnement légal du gouvernement de l’entreprise et banalisation de la théorie de l’agence »

Sous la direction de Pierre-Yves Gomez, Sébastien Winston a rédigé son mémoire de recherche de Master 2 sur le sujet du rôle joué par la puissance publique dans la banalisation de la théorie de l’agence, soubassement conceptuel principal du gouvernement des entreprises depuis les années 1970. Sébastien entame à présent une thèse au sein de l’IFGE, dans le cadre d’un partenariat avec OFI Asset Management.

Lien du mémoire : Mémoire de Recherche M2 ERM – Sébastien WINSTON – Septembre 2017

« Construction de l’environnement légal du gouvernement des entreprises et banalisation de la théorie de l’agence: Une étude empirique du rôle de la puissance publique »

Résumé :

Constatant que « les orientations et prescriptions politiques […] en matière de gouvernement de l’entreprise ont été et demeurent fortement influencées par les disciplines économiques et légales, et par la théorie de l’agence en particulier » (McNulty, Zattoni, et Douglas, 2013: 192), la littérature invite à étudier « quels sont les sujets qui jouent un rôle influent dans le développement des [normes de gouvernance], quels sont les intérêts qui forment leur contenu, et quelles sont les parties qui ont intérêt, ou non, à leur mise en oeuvre » (Cuomo, Mallin, et Zattoni, 2016: 237). Elle suggère, à cet égard, d’accorder une attention particulière aux « rôles exercés par des acteurs institutionnels clefs qui influencent les pratiques de gouvernance à un niveau sociétal » (McNulty et al., 2013: 184).

Dans ce sens, partant de l’hypothèse d’une interaction et d’une articulation entre la connaissance scientifique, la sphère organisationnelle et la production de l’ordre socio-politique, ce mémoire explore le rôle exercé par la puissance publique dans la diffusion du modèle de gouvernement de l’entreprise fondé sur l’agence. Plus précisément, il analyse la contribution de la puissance publique à la banalisation du modèle de l’agence, soubassement théorique dominant de la « corporate governance », au travers de la construction de l’environnement légal du gouvernement de l’entreprise. Il présente pour cela l’étude d’un corpus de données composé de comptes-rendus de délibération parlementaire des six textes de lois les plus importants relatifs au gouvernement de l’entreprise, produits en France sur une période de près de vingt-cinq ans, de 1993 à 2016.

L’analyse met en évidence la présence d’une narration « pure » de la théorie de l’agence, accompagnée de quelques variations qui, sans la contredire, confirment au contraire la contribution de la puissance publique à la banalisation du modèle de l’agence. Elle permet également d’identifier une narration alternative, bien que minoritaire, articulée autour de la question de l’implication des salariés dans le gouvernement de l’entreprise. Sont discutés, à partir de ces observations, les enjeux économiques qui renforcent la notion de primauté de l’actionnaire, ainsi que la question de la dimension politique du gouvernement de l’entreprise. Pour finir, la discussion prend acte, du sein de la délibération parlementaire, des écueils qu’engendre cette banalisation du modèle de l’agence, ainsi que des allusions à leur dépassement possible.

Les deux faces de la réforme Macron

Dans sa chronique « Entreprises », l’économiste Pierre-Yves Gomez souligne une disposition de cette réforme annoncée du code du travail décisive pour l’avenir du dialogue social : réunir en un comité unifié les trois instances représentatives des salariés.

Article initialement paru dans Le Monde Eco et Entreprise du 16 juin 2017

La réforme annoncée du code du travail devrait amplifier les lois Macron et Rebsamen de 2015, ainsi que la loi El Khomri de 2016. Celles-ci visaient déjà à faire de l’entreprise le lieu central du dialogue social. Allant au bout de ce projet, la réforme de 2017 étendrait la priorité de l’entreprise sur la branche professionnelle pour tous les accords concernant le travail : durée, niveau des salaires, heures supplémentaires…

La situation de chaque entreprise deviendra déterminante et la gestion des conditions de travail devra s’adapter à ces contraintes. Le progrès social sera subordonné au cas par cas à la performance économique. Cette disposition de la réforme cristallise d’autant plus les tensions que la négociation est plus aisément contrôlable par les dirigeants au niveau de leur entreprise qu’au niveau d’une branche.

Pourtant, une autre disposition, bien que d’apparence secondaire, est décisive sur l’avenir du dialogue social. Généralisant une possibilité ou­verte par la loi Rebsamen, elle prévoit de réunir en un comité unifié les trois instances représentatives des salariés : le comité d’entreprise (CE), le ­comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et le délégué du personnel (DP).

Une modification profonde de la gouvernance des entreprises

Aujourd’hui, les compétences de ces trois instances sur la gestion et l’organisation du travail se recoupent. Les réunir en un comité unique limiterait le nombre de réunions inutiles, si bien que cette disposition est présentée comme une simplification du code du travail.

A tort, car elle pourrait en réalité modifier profondément la gouvernance des entreprises. Le nouveau conseil représentera les intérêts des salariés en concentrant toutes les missions des précédents comités, depuis l’attention aux conditions de travail, à son organisation et à sa gestion jusqu’à la défense des réclamations individuelles ou collectives des salariés. Il devra donc préparer et signer les accords sur le travail au niveau de l’entreprise. Il deviendra ainsi l’instance qui négociera l’allocation des ressources sociales de l’entreprise en fonction de ses résultats économiques, un rôle stratégique qui n’est pas inférieur à celui du conseil d’administration. L’enjeu est de savoir de quels pouvoirs réels il sera doté par la réforme.

Aujourd’hui, le chef d’entreprise (ou son représentant) préside le CE et le CHSCT. Dans la nouvelle configuration, l’autonomie de ce comité est nécessaire pour instruire et approuver les accords d’entreprise. La présidence devra logiquement être assurée par un des membres élus des salariés, sur le modèle du Betriebsrat (« conseil d’entreprise ») allemand. Cela permettrait de clarifier sa fonction d’instance concourant pleinement à la ­régulation de l’entreprise.

Régression ou codétermination ?

Composé d’élus du personnel, ce conseil pourrait être autorisé à s’ou­vrir, comme le fait le conseil d’administration, à des personnalités extérieures à l’entreprise. Il accroîtrait ainsi ses compétences, notamment dans la perspective d’alimenter la ­réflexion sur le travail.

La fusion des instances représenta­tives n’est donc pas un toilettage mineur du code du travail

Depuis les lois Auroux de 1982, deux membres du CE actuel siègent au conseil d’administration sans droit de participer aux votes. La réforme pourrait leur accorder le statut d’administrateurs à part entière, afin d’assurer la cohérence entre les deux instances de gouvernance. Là encore, on se rapprocherait du modèle allemand de codétermination, ce que préconisait dès 2012 le rapport Gallois sur la compétitivité française.

La fusion des instances représenta­tives n’est donc pas un toilettage mineur du code du travail. La manière de considérer le nouveau comité chargé des principales questions sur la gestion du travail dessinera le futur dialogue social. Peu autonome, mal formé et peu respecté, il ne fera pas le poids dans les négociations, et la réforme risque de provoquer la plus grande régression sociale depuis 1945. Si, au contraire, le comité unique est établi comme une véritable instance de gouvernance, la réforme tiendra ses promesses en inaugurant dans les entreprises ce dialogue institutionnalisé qui a si bien réussi aux Allemands.

Une multinationale au service de son territoire

Dans sa chronique « Entreprises », l’économiste Pierre-Yves Gomez pointe le succès de Limagrain, passée de coopérative à grand groupe international, dont le fonctionnement pourrait inspirer autant l’action politique que les grandes entreprises.
Article initialement paru dans Le Monde Eco et Entreprise du 11 mai 2017

 

La mondialisation, et ses effets sur la société, s’est finalement imposée comme le grand thè­me de la campagne électorale présidentielle. Dans un monde où la concentration du capital financier est telle que la capitalisation des quatre géants américains du numérique (Google, Amazon, Facebook, Apple) pèse 2 700 milliards d’euros, soit davantage que le produit intérieur brut français, les décisions concernant la vie quotidienne des citoyens paraissent se prendre en dehors des lieux dans lesquels ils vivent.

Les grandes entreprises globalisées cherchent à optimiser leur production sans prendre en charge le devenir des territoires sur lesquels elles dé­placent leurs pions. Les politiques publiques sont condamnées à défendre ceux-ci avec des moyens financiers de plus en plus limités. Si ce constat n’est pas dépourvu de réalisme, des exemples montrent aussi que le développement de grandes sociétés mondialisées peut servir les territoires, et qu’il a même parfois pour projet d’en assurer la défense. C’est le cas emblématique de Limagrain.

La coopérative Limagrain a été fondée au début des années 1960 par des agriculteurs de la plaine de la Limagne, au centre de l’Auvergne. Leur projet était de mettre en commun des moyens pour faciliter l’écoulement des produits céréaliers de ce petit territoire de 45 000 hectares. Dans cet esprit, la coopérative lance en 1965 un laboratoire de recherche pour produire un maïs adapté au climat européen. La création de la variété LG11 lui assure le leadership des semences de maïs en Europe.

« Un homme, une voix »

En 1975, elle rachète la société familiale Vilmorin, alors en difficulté, pour étendre son activité à d’autres types de semences. La filiale s’internationalise, elle est introduite en Bourse en 1990, Limagrain conservant 75 % de son capital. Elle se développe dans 55 pays et devient le 4e producteur de semences au monde. Elle consacre 15 % de son chiffre d’affaires à la recherche et elle gère, au cœur de la Limagne, le plus grand laboratoire européen de recherche dans ce secteur. Parallèlement, ­Limagrain a remonté la filière agro­alimentaire pour assurer des débouchés à ses coopérateurs – allant jusqu’à racheter le boulanger Jacquet en 1995, puis le pâtissier Brossard en 2010.

L’empire pèse désormais plus de 2,5 milliards d’euros et emploie 10 000 collaborateurs dans le monde. Comme toute coopérative agricole, la maison mère Limagrain réalise 80 % de son activité avec ses 2 000 coo­pérateurs qui détiennent le capital et participent aux décisions selon le principe « un homme, une voix », c’est-à-dire indépendamment de la taille de leur exploitation. Leurs parts sociales gardent la même valeur de l’achat à la session.

Une gouvernance adaptée

Le groupe est gouverné par les membres de la coopérative auvergnate, qui élisent un conseil d’administration de 18 membres pour un mandat annuel. Sept d’entre eux forment le bureau, instance de surveillance permanente de l’exécutif. Les administrateurs de Limagrain participent à toutes les instances de gouvernance de Vilmorin et de ses filiales françaises ou étrangères, formant un binôme avec chaque dirigeant, de manière que la coopérative soit partout représentée.

La réussite économique de Limagrain illustre le fait que la croissance internationale d’une entreprise n’est pas incompatible avec le projet de ­développement d’un territoire, sous réserve que son système de gouvernance maintienne la fidélité à l’en­racinement local. L’ancrage de la ­coopérative assure même à cette gouvernance une vertu qui pourrait expliquer son succès : chaque administrateur demeure un paysan, qui travaille pour produire dans sa propre exploitation.

La connaissance intime du travail réel de l’agriculteur (qui est aussi celui des clients du groupe) lui donne une lucidité et une compétence précieuses quand il a à évaluer les opportunités et à décider les options stratégiques dans les conseils d’administration. Le modèle pourrait donc inspirer l’action politique, mais aussi la gouvernance des grandes entreprises déracinées, qui se dessèchent dans l’abstraction financière.

Pierre-Yves Gomez

Rapport 2016 sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MiddleNext

Publié en décembre 2009, le code de gouvernance MiddleNext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées des recommandations fondées sur une gouvernance « raisonnable », compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire. En 2016, une version révisée du code a été publiée, tenant compte de l’expérience que les entreprises ont acquise quant à son usage.

Dans le cadre de son Institut de recherche, MiddleNext a confié à l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE/EMLYON) l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2015. Ce rapport permet d’appréhender les caractéristiques, les systèmes de gouvernance et les problématiques que le code peut permettre de résoudre.

Les deux premières parties du rapport décrivent les entreprises ayant adopté le code MiddleNext et leurs systèmes de gouvernance en moyenne sur les années 2009-2015.

La troisième partie donne des détails sur l’utilisation des recommandations du code MIDDLENEXT dont les entreprises qui font référence à ce code rendent compte dans leurs rapports annuels 2015. Il s’agit d’une photographie pour l’année 2015.
Pour télécharger : Rapport entreprises code MiddleNext IFGE 2016

Au royaume des investisseurs, les actionnaires sont borgnes

Dans sa chronique pour Le Monde Economie, Pierre-Yves Gomez explique la double nature des détenteurs d’actions ; d’un côté, les actionnaires tentent d’instiller une stratégie de long-terme pour l’entreprise, tandis que les investisseurs veulent rentabiliser leurs titres rapidement. De ce conflit d’intérêt entres actionnaires nait un rapport de force gagné par les investisseurs qui menacent la stabilité financière de l’entreprise par la vente de leurs titres.

Pour lire l’article.

Intervention de Pierre-Yves Gomez au colloque « Changer de méthode, un impératif ! »

Pierre-Yves Gomez a été invité à participer à la réflexion du colloque « Changer de méthode, un impératif ! », proposé par le CESE (Conseil économique, social et environnemental) et le MEDEF et réunissant entrepreneurs, syndicalistes, responsables associatifs.

Pierre-Yves Gomez propose de prendre le sens du travail au sérieux car « ce n’est pas du blabla. Redonner du sens au travail, c’est en fait répondre à trois questions : à quoi sert ce que je fais dans l’entreprise, à quoi sert l’entreprise elle-même, et en quoi elle construit une société ? ».

L’évènement a réuni des personnalités telles que Patrick Bernasconi, président du CESE, Pierre Gattaz, président du MEDEF, Frère Samuel Rouvillois, prêtre et philosophe, Delphine Lalu, présidente de la section des activités économiques du CESE,Antoine Lemarchand, président de Nature et Découvertes, vice-président d’Entreprise et Progrès, Jean-François Naton, vice-président du CESE, membre du groupe de la CGT, Thierry Philipponnat, directeur de l’Institut Friedland, président du Forum Investissement Responsable (FIR), Pascal Canfin, directeur général de WWF France, ancien député européen, Hélène Fauvel, présidente de la section de l’Economie et des Finances du CESE, membre du groupe CGT-FO, etc.

Pour lire l’article dans L’Express.

N. Aubert et X. Hollandts présentent leurs recherches au congrès international de gouvernance

Nicolas Aubert et Xavier Hollandts ont présenté leurs recherches au congrès international de gouvernance qui se tenait à l’IAE de Montpellier les 17 et 18 mai.

Les papiers présentés étaient les suivants :

« La « face sombre » de l’actionnariat salarié : Etude empirique sur l’indice SBF 120 (2000-2014). »  Siessima Djibril Toe, Xavier Hollandts, Bertrand Valiorgue.

« La participation des salariés : analyse historique et textuelle ». Nicolas Aubert, Solange Hernandez, Xavier Hollandts.

« House of cards & la gouvernance des entreprises françaises cotées ». Daniela Borodak, Xavier Hollandts, Ariane Tichit.

Actionnariat salarié, gouvernance et performance de la firme : une étude de cas économétrique

Nicolas Aubert et Xavier Hollandts, chercheurs associés à l’IFGE, publient dans Revue d’Economie Industrielle, avec Virgile Chassagnon, un article sur l’actionnariat salarié.

Aubert N., Chassagnon V., Hollandts X. (2016), Actionnariat salarié, gouvernance et performance de la firme : une étude de cas économétrique portant sur un groupe français coté, Revue d’Economie Industrielle, forthcoming.

Résumé: Dans nos économies de marché fondées sur la connaissance, le capital humain et les employés qui le recèlent sont au cœur de la création des avantages compétitifs des firmes. Fort ce constat, d’aucuns évoquent de plus en plus le rôle bénéfique que peuvent jouer les salariés dans la gouvernance de l’entreprise moderne à travers leur participation potentielle au capital de l’entreprise. Pour autant, la relation entre l’actionnariat salarié et la performance n’est pas clairement établie par la littérature académique. Cette contribution se situe dans ce débat ambiant en testant l’impact de l’actionnariat salarié sur la performance économique des entreprises. Pour ce faire, notre attention portera tout particulièrement sur l’actionnariat salarié comme instrument institutionnel de gouvernance d’entreprise. Nous étudions plus précisément la relation entre l’actionnariat salarié et la performance économique sur 900 filiales d’un groupe coté français (appartenant au CAC40) sur une période de cinq ans. Notre étude montre que l’actionnariat salarié influe positivement sur la performance économique des entreprises.

Mots-clés : Actionnariat salarié, gouvernance de l’entreprise, participation des employés, performance économique, pouvoir de jure, propriété.

Interview TV de Pierre-Yves Gomez « Michel Foucault et le management »

Vous pouvez visualiser ici l’interview de Pierre-Yves Gomez menée par Jean-Philippe Denis sur Xerfi Canal: « Michel Foucault et le management.

Pierre-Yves Gomez explique certains concepts phares de la pensée de Michel Foucault: l’enfermement, l’epistemè, l’archéologie du savoir, le panoptisme, la biopolitique ou la gouvernementalité. Comment l’homme peut-il se construire librement malgré toutes les pressions des structures de la société moderne ? Son œuvre, traversée par les questions de l’obéissance et de la création de la subjectivité de l’individu, a profondément influencé notre société et la pensée postmoderne.

Le travail déborde de plus en plus le cadre de l’emploi

Interview de Pierre-Yves Gomez par Pauline Rabilloux dans Entreprise et Carrières.

Avec les nouvelles pratiques liées aux outils numériques, la relation entre emploi et travail pose de nouvelles questions humaines et sociétales. D’une part, l’emploi non salarié se développe. Par exemple, « l’ubérisation » du travail prive les salariés de protection sociale et les précarise. Ou quel est le statut du travailleur virtuel des forums internet qui travaille de manière gratuite et intermittente ? D’autre part, dans l’emploi salarié la frontière entre temps de travail et hors travail devient de plus en plus floue : emails depuis la maison et tâches personnelles au travail.

C’est un nouveau mode de production qui s’installe. « Les questions d’emploi demandent à être repensées dans le cadre plus général d’une économie capitaliste qui se transforme à vitesse accélérée, favorisant d’un côté l’accumulation de capital vers les grandes entreprises du numérique, de l’autre sa dispersion vers l’ensemble des consommateurs-producteurs. »

Pour lire l’interview.

Rapport 2015 sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MiddleNext

Publié en décembre 2009, le code de gouvernance MiddleNext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées des recommandations fondées sur une gouvernance « raisonnable », compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire.

Dans le cadre de son Institut de recherche, MiddleNext a confié à l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE/EMLYON) l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2014. Pour la sixième année consécutive, le nombre d’entreprises se référant au code augmente pour atteindre 192 entreprises. Ce rapport permet d’appréhender les caractéristiques, les systèmes de gouvernance et les problématiques que le code peut permettre de résoudre.

Les deux premières parties du rapport décrivent les entreprises ayant adopté le code MiddleNext et leurs systèmes de gouvernance.

La troisième partie donne des détails sur la mise en œuvre concrète des recommandations du code MiddleNext.

« Nous sommes heureux de constater que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’approprier le code MiddleNext » souligne Caroline Weber, Directrice générale de MiddleNext, « les explications éventuelles sont également de plus en plus claires et pertinentes. Le code sera mis à jour fin juin 2016 ».
Pour télécharger : Rapport entreprises code MiddleNext IFGE 2015

L’IFGE participe à une journée d’étude de l’OIT sur « Le travail et l’entreprise à l’épreuve de la financiarisation »

Pierre-Yves Gomez a participé à un panel de discutants lors d’une journée organisée par le Bureau de l’Organisation Internationale du travail pour la France « Le travail et l’entreprise à l’épreuve de la financiarisation de l’économie », le 6 avril 2016, au Collège des Bernardins, 20 Rue de Poissy , Paris 5ème.

Les discutants sont :

Ekkehard Ernst, Bureau International du Travail, Département de la Recherche

Bertrand du Marais, Conseil d’Etat

Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement

Bernard Thibault, Membre du Conseil d’administration du BIT

Laurent Berger, Secrétaire général de la CFDT

Claude Jeannerot, délégué du Gouvernement français au Conseil d’administration du BIT. Yves Struillou, Directeur général du Travail, Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

Pour télécharger le programme : Le travail en entreprise OIT

L’actionnariat en risque d’hypertension

Dans sa chronique pour Le Monde, Pierre-Yves Gomez analyse les enjeux de gouvernance face à l’actionnariat ultracourt-termiste.

La durée de détention moyenne des actions cotées est de plus en plus courte. Avec le trading haute fréquence la durée est de 22 secondes en moyenne. Se posent en de nouveaux termes les questions de la légitimité des actionnaires et de la santé de ces entreprises mises sous tension. Des interventions radicales sur la gouvernance actionnariale deviennent nécessaires. Pour connaitre trois pistes concrètes… Lire l’article.

Quand l’entreprise fait société

Pour télécharger la chronique de Pierre-Yves Gomez dans Le Monde Economie : PY Gomez Quand l’entreprise fait société

Mark Zuckerberg, le PDG actionnaire de Facebook, a promis 42 milliards d’euros à sa fondation. L’implication du privé dans la politique publique s’accroît dans tous les domaines : écologie, éducation, santé, droits de l’homme, etc. Les firmes françaises de plus de 500 salariés doivent publier un rapport annuel sur leurs initiatives de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE). Les normes internationales comme ISO 26 000 les invitent également à une démarche RSE.

Cette exigence de responsabilité n’a pas limité la puissance des entreprises, elle l’a au contraire augmentée, car on leur demande d’agir dans des domaines toujours plus vastes.

De la naissance à la tombe, les investisseurs nous accompagnent…

Pour télécharger la chronique de Pierre-Yves Gomez dans Le Monde Economie : PY Gomez 01-2016 LE MONDE_ECO_ENTREPRISE

En France, 30.000 accouchements par an sont réalisés par un groupe hospitalier australien et 114.000 obsèques sont organisées par le leader français des services funéraires… possédé par un conglomérat russe. La logique financière d’accumulation de capital s’invite dans le travail et la consommation des services les plus essentiels de la vie.

L’entreprise sociale et responsable est née… en 1841

Dans sa chronique pour Le Monde, Pierre-Yves Gomez revient sur le modèle social et de gouvernance de l’entreprise qu’incarna Léon Harmel, mort il y a précisément cent ans. Précurseur, l’entrepreneur avait mis en place un conseil d’usine à majorité ouvrière, des syndicats ouvriers, des caisses de solidarité sociale. Il mena également une réflexion sur le rôle de l’entreprise et de l’État. Léon Harmel et son entreprise eurent finalement une influence importante sur les formes de capitalisme humaniste et sur les débats actuels de l’entreprise sociale et responsable.

Pour lire la chronique : PierreYvesGomez_Entreprise Sociale_L. Harmel LE_MONDE_ECO

Pierre-Yves Gomez nommé au Comité de réflexion sur le droit des sociétés cotées par le Haut Comité Juridique de la Place Financière de Paris

Pierre-Yves Gomez a été nommé au Comité de réflexion sur le droit des sociétés cotées par le Haut Comité Juridique de la Place Financière de Paris, pour sa connaissance plus spécifique des PME et des ETI et au titre de rédacteur du rapport pour une gouvernance raisonnable des entreprises.

Le Haut comité juridique de la Place financière de Paris a été créé conjointement par l’AMF, la Banque de France et l’ACPR, auquel participent le Trésor et la Chancellerie, pour compléter le dispositif de réflexion de la Place, influencer les discussions internationales et anticiper les évolutions futures.

Pour lire sur la philosophie de ce comité.

 

Interview TV de Pierre-Yves Gomez « S’inspirer de René Girard pour penser l’entreprise et le management »

Vous pouvez visualiser ici l’interview de Pierre-Yves Gomez menée par Jean-Philippe Denis sur Xerfi Canal: « S’inspirer de René Girard pour penser l’entreprise et le management ».

Pierre-Yves Gomez revient sur la portée considérable de la pensée de René Girard quelques semaines après sa disparition. Il restitue les fondements de sa théorie du désir mimétique en tant que fondement des communautés humaines. Le mimétisme pour s’appropier les même objets de désir est source de rivalité et débouche sur la violence. En la concentrant sur un bouc émissaire, qui est sacrifié symboliquement ou physiquement, la communauté polarise et expulse cette violence. Ce moment devient un rite de « paix collective » et une source de croyances collectives. La théorie mimétique a été beaucoup appliquée dans les sciences humaines (économie, psychologie, management, philosophie, théologie, etc.) car elle est particulièrement éclairante sur les fondements parfois insoupçonnés des communautés humaines, en particulier des communautés de travail et donc les entreprises. Très influencé par les travaux de René Girard, dont il se considère le disciple, Pierre-Yves Gomez a lui-même développé une théorie de la « rationalité mimétique » appelée « théorie des conventions (pour voir l’interview TV sur la théorie des conventions).

 

 

 

 

 

L’IFGE contribue à la formation des administrateurs salariés de Renault

L’EMLYON Business School a organisé la formation des quatre administrateurs salariés de Renault SA le 18 novembre au siège de la société. L’IFGE a largement contribué à ces deux jours consacrés aux responsabilités et aux postures des administrateurs. Pierre-Yves Gomez a présenté les exigences de la gouvernance et le rôle particulier des administrateurs salariés. Jean-Philippe Marandet et Olivier Arnould ont animé une journée sur la prise de parole et les espaces de légitimité des administrateurs salariés.

Air France, Volkswagen, des échecs de la codétermination ?

Dans sa chronique pour Le Monde Economie, Pierre-Yves Gomez analyse le cas de deux entreprises qui ont récemment alimenté de manière négative l’actualité des affaires : Air France et Volkswagen. Au sein du conseil d’administration de ces deux entreprises, les salariés sont largement représentés. Pourquoi le modèle de codétermination n’a-t-il pas garanti dans ces deux cas la stabilité qui le caractérise habituellement ?

Pour lire l’article : PY Gomez_LE_MONDE_Codétermination VW AF

La thèse d’Asma Fattoum finaliste pour le Prix Wiley Blackwell 2015

Lors de la conférence Academy of Management 2015 à Vancouver, la thèse de Asma Fattoum intitulée “Three essays on the Rich vs. King dilemma faced by Founder CEOs at IPO” a été sélectionnée pour être une des six finalistes pour le Prix Wiley Blackwell 2015 récompensant les thèses exceptionnelles sur la stratégie d’entreprise.

La thèse comprend trois essais qui enquêtent sur le dilemme du roi et du riche qui se pose au PDG-fondateur lors d’une introduction en bourse (IPO). En effet, les IPO diluent le contrôle financier du fondateur-PDG, et son contrôle sur l’entreprise. Pour éviter toute perte de contrôle, le fondateur-PDG peut mettre en place des mécanismes défensifs tels que des catégories d’actions spécifiques, des structures de contrôle de la pyramide et des pactes de vote. Toutefois, puisque les mécanismes de défense peuvent créer des coûts d’agence, le fondateur-PDG qui met en œuvre ces mécanismes de défense est susceptible d’être pénalisé financièrement à l’introduction en bourse. Par conséquent, le fondateur-PDG se retrouve face à un dilemme : (1) choisir la solution du roi en mettant en place des mécanismes de défense et subir les pénalités financières ou (2) choisir l’alternative du riche sans mécanisme de défense et risquer la perte de contrôle sur l’entreprise mais sécuriser la valeur de l’entreprise lors de l’introduction. Ce dilemme soulève plusieurs questions théoriques et empiriques, traitées dans trois essais liés : (1) Les facteurs qui rendent l’option du roi plus susceptible d’être sélectionnée (2) Les conséquences des alternatives du roi et du riche sur le patrimoine du fondateurs-PDG lors des premiers jours de l’introduction et (3) Les implications à long terme des alternatives du roi et du riche sur le chiffre d’affaires, sur le patrimoine financier ainsi que sur la politique de dividendes.

Pour en savoir plus sur la thèse.

Le scandale Volkswagen ébranle-t-il l’éthique industrielle allemande ?

Le scandale Volkswagen interroge la gouvernance. Pierre-Yves Gomez et Guillaume Duval, rédacteur en chef à l’hebdomadaire Alternatives économiques, donnent leur point de vue. Pour Pierre-Yves Gomez, l’état d’esprit des dirigeants de devenir premier constructeur automobile mondial à tout prix explique qu’ils aient permis toutes les manières d’y arriver. Quitte à briser la légendaire éthique industrielle allemande.
A lire ici.

Intervention sur France Inter de Pierre-Yves Gomez sur la gouvernance de Volkswagen

Pierre-Yves Gomez s’exprime sur France Inter à propos du scandale des logiciels truqués de Volkswagen.

L’entreprise représentait un exemple classique de la bonne gouvernance : séparation stricte des pouvoirs, parité de la représentation entre capital et travail au conseil, contrôle du pouvoir public qui détient 20 % du capital… En réalité, la triche prendrait sa source dans la soif de pouvoir, devenir No1 mondial à tout prix, quitte à considérer la qualité ou l’éthique comme secondaires.

Capital mondial, emploi local

Dans sa chronique pour Le Monde Economie, Pierre-Yves Gomez retrace l’histoire de Renault Trucks pour illustrer l’éloignement des centres de décision politiques et économiques. Le capital déménage au gré de la logique de rentabilité, mais le travail reste à son échelle locale.

Pour lire l’article

La représentation des salariés aux conseils d’administration: enjeux, obstacles et préconisations

Pierre-Yves Gomez, professeur et directeur de l’IFGE à EMLYON Business School et Xavier Hollandts, professeur associé à KEDGE, IFGE & CRCGM, publient un article dans la Revue de Droit du Travail

Gomez, P.-Y., & Hollandts, X. 2015. La représentation des salariés aux conseils d’administration: enjeux, obstacles et préconisations. Revue de Droit Du Travail, (7-8): 451.

Pour télécharger l’article: Gomez Hollandts 2015.

La démocratisation de la société autant que les nouvelles donnes de l’économie post-industrielle conduisent à interroger une gouvernance d’entreprise dominée par la représentation du capital vieille de trois siècles. La montée en puissance progressive d’une représentation du travail au sein du conseil d’administration ou de surveillance semble inexorable. Un article pour faire évoluer les mentalités et les représentations des acteurs de la gouvernance afin que la représentation du travail soit mieux acceptée et puisse (enfin) apparaître comme un atout de la gouvernance des entreprises françaises.

Première préconisation: distinguer représentation du travail et défense du contrat salarial.

Deuxième préconisation : trancher en faveur de représentants du travail légitimement associés en tant qu’administrateurs à part entière contre la confusion avec les représentants du CE « invités » au CA mais qui n’ont pas de voix délibérative et ne comptent pas parmi les administrateurs.

Troisième préconisation: définir une masse critique d’administrateurs salariés dans les conseils. Comme le suggère le rapport Gallois (2012), les représentants du travail doivent détenir au moins 30 % des postes d’administrateurs.

Quatrième préconisation: créer une association professionnelle d’administrateurs salariés. L’appartenance d’un administrateur salarié à un syndicat est souvent nécessaire pour l’aider dans sa posture et sa prise de parole. Les Conseils de grandes entreprises sont dominés par des administrateurs dont l’origine sociologique et le parcours professionnel procurent une position de domination culturelle: ils connaissent les codes sociaux, ont l’habitude du commandement et entretiennent entre eux des relations sociales étroites.

Cinquième préconisation : définir la place du mandat d’administrateur dans le cursus professionnel. Le mandat d’administrateur intervient nécessairement comme une rupture dans le parcours professionnel classique. Les administrateurs salariés poursuivent leur activité pendant l’exercice de leur fonction mais la question délicate de leur affectation se pose au terme de celui-ci.

Sixième préconisation: une formation adaptée. La formation des administrateurs salariés a sans doute des points communs avec celle des autres administrateurs mais elle a aussi ses spécificités. Elle doit comporter en particulier une dimension forte sur la signification et le périmètre de la représentation du travail.

Référentiel pour une gouvernance raisonnable des entreprises – édition 2015

Une nouvelle édition du Référentiel pour une gouvernance raisonnable des entreprises a été publiée par l’IFGE (Institut Français de Gouvernement des Entreprises), l’équipe de recherche en gouvernance dirigée par Pierre-Yves Gomez, professeur de stratégie. La précédente mouture, datant de 2009, avait submergé le marché des petites et moyennes entreprises. Tant et si bien que le code de gouvernance qu’elle inspira est aujourd’hui le plus utilisé par les entreprises cotées en France. Dans cette nouvelle édition, Pierre-Yves Gomez maintient vivant le texte en le complétant du fruit de ces 6 années de réflexion et d’expérience. On y retrouve le cœur du propos de 2009 : à savoir, la volonté claire de se départir d’une acception rigoriste et procédurale de la gouvernance pour une vision plus pratique, attachée à la réalité des entreprises. La « bonne » gouvernance a tendance à transposer un même modèle de gouvernance à toutes les entreprises. Pierre-Yves Gomez lui oppose une gouvernance « raisonnable » qui ajuste le régime de gouvernance visé selon la structure de l’entreprise, qu’elle soit à capital dilué ou non, patrimoniale ou entrepreneuriale, etc. On y trouve donc un outil d’analyse affiné, agrémenté d’encadrés à vocation pratique et pédagogique pour chaque section.

Si ce modèle pratique a autant de succès auprès des entreprises, c’est aussi parce qu’il procède d’une analyse rigoureuse et méthodique des différents pouvoirs de gouvernance et des « régimes politiques » qu’ils produisent dans l’entreprise. Une surprise pour ceux qui ont suivi les cours de gouvernance de P.-Y Gomez : un sixième régime a été introduit. On vous laisse découvrir.

Dirigeants, actionnaires, administrateurs, mais aussi salariés, professionnels ou néophytes dans le monde des affaires, ce Référentiel est l’occasion pour chacun de jeter un œil nouveau sur les entreprises et leurs enjeux. Au premier rang desquels figure la garantie de la pérennité de l’entreprise, une clé du succès par les temps qui courent…

Pour le télécharger en langue française: Référentiel IFGE – Mai 2015

Download the english version of the Middlenext governance code.

Vous pouvez aussi télécharger la version planches pour imprimer en A3, relier et conserver le Référentiel sous forme de livre. Référentiel IFGE – Mai 2015 planche

Ne vous en privez pas !

Interview TV de Pierre Alanche sur les administrateurs salariés

Pierre Alanche fut administrateur salarié de Renault. Il répond aux questions de Jean-Philippe Denis sur Xerfi Canal à propos du rôle des administrateurs salariés et leur place dans la gouvernance des entreprises.
Il a écrit un livre sur son expérience d’administrateur:

Alanche, P. 2007. Renault Côté Cour : Un salarié au conseil d’administration. Paris: Éditions de l’Atelier.

Rapport 2014 sur les entreprises faisant référence au code de gouvernance MiddleNext

Publié en décembre 2009, le code de gouvernance MiddleNext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées moyennes et petites des recommandations fondées sur une gouvernance « raisonnable » et compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire.

Comme chaque année, MiddleNext a confié à l’IFGE l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2013. En donnant une image de la population des entreprises qui ont adopté le code MiddleNext, le rapport permet de mieux appréhender leurs caractéristiques, leurs systèmes de gouvernance et les problématiques que le code peut permettre de résoudre.

Le rapport décrit les entreprises ayant adopté le code MiddleNext et leurs systèmes de gouvernance. Il donne des détails sur la mise en œuvre concrète des recommandations du code MiddleNext.

Nous sommes heureux de constater que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’approprier le code MiddleNext » souligne Caroline Weber, Directrice générale de MiddleNext, « les explications éventuelles sont également de plus en plus claires et pertinentes ». Pour Pierre-Yves Gomez, directeur de l’IFGE, «Chaque année, les chiffres confirment la particularité du profil de gouvernance des entreprises moyennes et leur différence avec les entreprises du CAC40».

Pour télécharger : Rapport entreprises code MiddleNext IFGE 2014

Le « golden hello » sourit aux audacieux

Dans sa chronique dans Le Monde Economie, Pierre-Yves Gomez touche le sujet de l’engagement et de la rémunération des dirigeants.

Pour le remercier de son arrivée à la direction générale de Sanofi, Olivier Brandicourt recevra 4 millions d’euros de « golden hello ». Cette pratique complète les multiples dons que reçoivent les dirigeants sous forme de primes, bonus, stock-options et parachute dorés. Car dans l’idéologie néolibérale, le talent individuel est surévalué par rapport à celui de la communauté de travail.

Dans le monde antique, la prise d’un poste de pouvoir était ressentie comme une charge si précieuse que la personne devait sacrifier une partie de sa fortune à ceux qu’elle avait l’honneur de gouverner.

C’est donc l’inverse dans l’entreprise néolibérale. Le dirigeant, loin d’exprimer sa gratitude à la communauté des travailleurs, reçoit des dons avant, pendant et après son mandat.

Pour lire la chronique: Gomez Le Monde 04 2015

Interview de Pierre-Yves Gomez: le retour des communautés de travail

Pierre-Yves Gomez est interviewé par Le Monde sur les nouvelles orientations du travail dans les entreprises. Les business models d’aujourd’hui sont tournés vers des entreprises qui créent de la valeur par des structures plus souples et créatives, emportées par un esprit de « faire soi-même ». Dans ce contexte, elles assouplissent le contrôle et laissent de plus en plus les communautés définir le sens de leur travail. Les grandes organisations, en particulier, sont alors tiraillées entre le contrôle d’une part et d’autre part  reconnaitre l’autonomie et l’efficacité des communautés de travail.

Pour visualiser l’interview TV, cliquer ici.

Pour lire l’entretien complet dans Le Monde-Campus, cliquer ici.

Vidéo de la conférence de Pierre-Yves Gomez: « Libérer le travail et (re)faire communauté »

Dans cette intervention, Pierre-Yves Gomez traite du travail et des travailleurs en proposant une réflexion sur le travail réel dans ses dimensions subjectives, objectives et collectives. Il expose une philosophie du travail et propose des pistes de réflexion sur l’entreprise vue comme une communauté de travail, et non simplement comme un ensemble organisé.

La conférence de Pierre-Yves Gomez « Libérer le travail et (re)faire communauté » a été enregistrée et mise en ligne par la chaire Alter-Gouvernance à l’occasion de la journée GESS 2014 organisée à Clermont-Ferrand par le CRCGM et l’Ecole Universitaire de Management.

Pour visionner la conférence: cliquer ici.

Que peut bien valoir un président?

Alors qu’Henri Proglio, président de Thalès, réclame un fixe de 400 000 euros, son actionnaire principal, l’État, ne lui en accorde que 140 000. Dans sa chronique pour Le Monde Économie, Pierre-Yves Gomez pose la question de la détermination de la valeur d’un président de conseil d’administration. Comment l’évaluer: par le marché ou par le travail réel effectué?

Pour lire l’article: Gomez_Monde_Economie_26022015

La gouvernance en mutation

Dans sa chronique pour Le Monde Économie, Pierre-Yves Gomez analyse dans une perspective historique les implications de la mutation actuelle du modèle de l’entreprise technocrate et hiérarchique.

Comme le montre le nouveau concept de management d’entreprises « libérées » (Liberté  &  Cie de S. Getz et B. Carney, Flammarion, 2013), l’entreprise classique est appelée à se transformer. D’une part la valeur ajoutée est désormais créée conjointement par l’entreprise, ses fournisseurs, ses utilisateurs et clients. D’autre part, l’entreprise d’aujourd’hui contrairement au modèle taylorien nécessite des employés autonomes qui, plutôt que suivre des normes fabriquées au sommet de la hiérarchie, peuvent et doivent faire valoir leur compétences et talents. Dans ce contexte, le travail réel doit être désentravé et le millefeuille hiérarchique allégé. Cela implique également que l’apport de travail devient crucial et que le poids relatif de l’apport de capital diminue. Une révolution de la gouvernance se profile-t-elle ?

Pour lire l’article: LE_MONDE_ECO ENTREPRISE

Podcast de Pierre-Yves Gomez sur France Culture: Pour un travail vivant…. comment faire ?

À la suite du troisième prix pour son livre Le travail invisible : Enquête sur une disparition, Pierre-Yves Gomez est invité sur France Culture pour une série d’entretien avec dans les Carnets de l’économie du 29 décembre au 1er janvier à 17h55. Les enregistrements sont disponibles un an en podcast.

Pierre-Yves Gomez 4/4 : Pour un travail vivant…. comment faire ?

Podcast disponible ici pendant un an

Pour rendre le travail vivant, il est nécessaire de concevoir sa triple nature : subjective, objective et collective. En se focalisant sur l’aspect objectif (la performance et le résultat), le travail subjectif du travailleur a disparu. Mais aussi l’aspect collectif. Or, on travaille toujours avec et pour les autres. L’idéologie individualiste et la financiarisation ont rendu invisible cette réalité. Sortir de la crise demande donc de revenir à l’essentiel. Cela permet à l’auteur de cerner des pistes concrètes pour sortir de cette impasse.

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