L’IFGE fête ses 10 ans

Depuis 2003 déjà, l’IFGE innove… 10 ans de recherches en gouvernance au service de l’action. 10 ans que nous sommes convaincus, avec nos partenaires, qu’il n’y a pas d’entreprise responsable sans une responsabilité partagée.

Pour marquer cet évènement, nous avons:

  • réalisé une refonte du site et réinventé notre identité visuelle

  • créé une frise animée (cliquez ici) qui revient sur les évènements marquants

  • enregistré des interviews de personnes qui sont engagées dans l’IFGE et des étudiants qui témoignent de l’enseignement qu’ils ont reçu

Les vidéos enregistrées pour les 10 ans

               

Extraits des entretiens avec toutes les personnes qui se sont exprimées: 

  

                     

 

Pierre-Yves Gomez sur les origines de l’IFGE:  

 

        

                  

Pierre-Yves Gomez pour remercier les partenaires de l’IFGE pendant les 10 dernières années et les 10 prochaines:

                      

Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext:

Aurélien Eminet, professeur à l’ESDES, Université Catholique de Lyon:

 

Harry Korine, professeur à INSEAD:

Sébastien Dérieux, assistant de recherche à l’IFGE:

Entretien avec des étudiantes de EMLYON qui ont suivi les cours sur la gouvernance d’entreprise de Pierre-Yves Gomez et où interviennent les chercheurs de l’IFGE (Xavier Hollandt, Bertrand Valiorgue, Jean-Charles Clément).

Estelle Dorwling-Carter:

          

 Sabine Geisler: 

 Esther Porte:

   

Thèse de Sébastien Dérieux sur la transmission de la notion de travail bien fait dans l’entreprise

Titre de la thèse : La transmission de la notion de travail bien fait dans l’entreprise. Une enquête sur le rôle de la mémoire des communautés de travail à ENEDIS (ex-ERDF)

Thèse en sciences de gestion de Sébastien Dérieux soutenue à l’Université Jean Moulin Lyon 3, sous la direction de Pierre-Yves Gomez, professeur à EMLYON et directeur de l’IFGE.

Thèse disponible ici en pdf.

Résumé

L’objectif de cette thèse est de montrer comment se transmet une connaissance commune de la notion de « travail bien fait » au sein de l’entreprise. Dans les économies modernes, la question de la connaissance est l’une des plus essentielles mais également l’une des plus complexes à gérer pour les organisations. Le propre de l’entreprise est d’assurer la production continue de la qualité des produits ou service dans lesquels elle se spécialise. Pour cela, le travail doit être évalué et valorisé à différents niveaux, ce qui permet d’appréhender la question du travail bien fait. Cette thèse se focalise sur la constitution et l’apprentissage d’une notion commune du travail bien fait. Cette approche s’éloigne d’une compréhension abstraite des connaissances pour intégrer la réalité subjective, objective et collective du travail dans l’entreprise.

La recherche empirique consiste en une étude qualitative approfondie du travail au sein de différents sites d’ENEDIS (ex-ERDF), société qui gère et exploite le réseau électrique français. L’analyse des données issues de l’observation du travail et des entretiens montre que la notion de travail bien fait est transmise parce qu’elle est appliquée, justifiée, incarnée, éprouvée par une communauté de travail. C’est donc moins l’organisation et le management que la mémoire des communautés de travail qui expliquent la transmission de la notion de travail bien fait.

Le modèle théorique qui émerge des données empiriques indique que la mémoire des communautés de travail se compose de quatre types de connaissances communes : les recettes conventionnelles du travail bien fait, la mémoire des fondements identitaires, la mémoire des épreuves communes, la mémoire des figures du travail. La description détaillée de chaque composante de la mémoire communautaire restitue une vision générale mais précise et concrète des relations de transmission. Elle met aussi en évidence la structure nécessaire pour qu’une communauté de travail élabore et transmette une connaissance partagée du travail bien fait. La thèse précise les conditions de l’apprentissage et du développement chez les travailleurs moins expérimentés d’une aptitude au travail bien fait. Finalement, il apparait qu’en l’absence de communautés de travail vivantes, un niveau de qualité partagé ne peut être maintenu dans l’entreprise.

Mots clés
Communauté, mémoire, connaissances, travail, qualité, transmission, apprentissage, commun, conventions, collectif, évaluation

The transmission of the concept of work well-done in companies. An inquiry into the role of working communities’ memory at ENEDIS (formerly ERDF).

The objective of this doctoral research is to show how a common knowledge of the concept of work well-done is transmitted within companies. In modern economies, knowledge is one of the most essential yet also one of the most complex issues for organizations to manage. A defining feature of companies is to ensure the continued quality of the products or services in which it specializes. In order to do so, work must be assessed and valued at different levels, allowing to tackle the question of work well-done. This thesis focuses on the formation and on the learning process of a common notion of work well-done. This approach departs from a conceptual understanding of knowledge and moves towards considering the subjective, objective and collective reality of work in companies.

The empirical research is based on an in-depth qualitative study of work led in different sites at ENEDIS (formerly ERDF), a large company which manages and operates the French electric grid. The analysis of data from the observation of work and interviews shows that the concept of well-done work can only be transmitted because it is applied, justified, embodied, proven by a working community. It is less management and organizing principles than the memory of these communities which explain the transmission of the concept well-done work.

The theoretical model that emerges from the empirical data indicates that the memory of the working communities consists of four types of common knowledge: the conventional recipes of well-done work, the memory of founding principles, the memory of common tests, the memory of work figures. The detailed description of each component of this community memory offers a general but precise and concrete view of transmission relations. It also highlights the necessary structure for a working community to develop and to convey a notion of well-done work. The thesis specifies the conditions in which less experienced workers can learn and develop an ability for well-done work. Finally, it becomes apparent that without lively working communities, a common level of quality cannot be maintained in the company.

Key words
Community, memory, knowledge sharing, knowledge transfer, work, quality, transmission, learning, common, conventions, collective, evaluation, knowledge

A qui appartient l’entreprise: aux actionnaires, aux entreprises, ou à personne?

Xavier Hollandts et Virgile Chassagnon publient un article dans la revue Journal of Institutional Economics intitulé: « Who are the owners of the firm: Shareholders, Employees or No-one? »; « A qui appartient l’entreprise: aux actionnaires, aux entreprises, ou à personne? »

Résumé:

La question de la propriété des entreprises est un débat permanent. Depuis plusieurs décennies, la théorie contractualiste a sans doute façonné le débat académique en droit et en économie. Les partisans de cette approche suggèrent que les actionnaires peuvent légitimement être considérés comme les propriétaires de l’entreprise, car ils détiennent des actions. Cette approche, bien que séduisante, est juridiquement incorrecte. Les juristes ont noté qu’une société ne peut légalement appartenir aux actionnaires ou d’autres parties prenantes; personne ne possède l’entreprise. Cette question masque une question plus cruciale: Qui doit gouverner l’entreprise? Dans cet article, après un retour au débat théorique sur la propriété de l’entreprise et nous expliquons pourquoi une entreprise ne peut pas être possédée, et nous analysons le pouvoir comme le cœur de la gouvernance. Cette approche est un moyen potentiellement pertinent et précis pour résoudre les problèmes de l’investissement humain spécifique, la création collective et la coopération productive dans les entreprises modernes.

Abstract:

The issue of firm ownership is an ongoing debate. For several decades, contractarian theory has undoubtedly shaped the academic debate in both law and economics. Proponents of this approach suggest that shareholders can legitimately be considered the owners of a firm because they hold shares. This approach, though attractive, is legally incorrect. Legal scholars have noted that a corporation cannot legally belong to shareholders or other stakeholders; no one owns the firm (and a corporation). The question of firm ownership masks the following crucial issue: Who should govern the firm? In this article, after returning to the theoretical debate on firm ownership and explaining why a firm cannot be owned, we shall analyze power as the core of firm governance. This approach is a potentially relevant and accurate way to address the problems of specific human investment, collective creation and productive (consummate) cooperation in modern firms.

Défense du petit actionnaire

La cour d’appel de Paris a arbitré un contentieux entre la société Wendel et un petit actionnaire qui se sentait lésé après que les dirigeants aient refusé de répondre à sa question écrite lors de l’assemblée générale. La cour a soutenu que le président du conseil d’administration n’était pas obligé de répondre à toutes les demandes. Mais elle a pris l’initiative de dénoncer le dégagement en touche de la part de Wendel permis par leurs montages juridico-financiers en cascade. Une pratique courante qui permet aux entreprises de fuir leurs responsabilités.

Pour lire l’article

Intervention de Sébastien Dérieux lors de la journée d’études internationale « Histoire d’Entreprise et Capitalisme »

Intervention de Sébastien Dérieux, chercheur à l’IFGE, lors de la la journée internationale d’étude organisée par l’IFGE, le laboratoire Triangle, l’IEP, Lyon 2, et l’ENS qui s’est déroulé à l’Institut d’Études Politiques de Lyon le 10 avril 2014 sur le thème « Histoire d’Entreprise et Capitalisme ».

Sa communication s’intitulait « Community Memory and Organizational Identity » et évoquait le sujet de la mémoire des communautés et autres groupes sociaux dans le temps et la manière dont elle affecte leur identité et donc leur comportement. En l’appliquant avec prudence à l’entreprise, le but était de de tisser des liens entre l’histoire d’entreprise en tant que récit et sa mémoire collective telle qu’elle est vécue par ses membres. Grâce à l’ouverture à l’anthropologie, la sociologie et la philosophie, on peut observer cette dimension communautaire de l’entreprise dans le temps. Quelques implications de gouvernance, de stratégie et de management ont été tirées.

Consulter le programme sur: http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article4097

Cet événement a offert un état des lieux de l’ouverture récente du champ jusqu’ici cloisonné de l’histoire d’entreprise vers les autres disciplines des sciences humaines et sociales. En effet, la profession cherche aujourd’hui à s’interroger sur l’impact social, politique et culturel du fait économique, sur l’idéologie que l’entreprise véhicule et sur le pouvoir qu’elle exerce entre et surtout hors de ses murs. Dans le même temps, la recherche organisationnelle s’intéresse de plus en plus aux méthodes historiennes et à la recherche qualitative. Cette rencontre internationale a donc permis le dialogue entre historiens, sociologues et spécialistes des sciences de gestion sur le potentiel et les limites de ce décloisonnement sans précédent, afin d’identifier les chantiers à construire autour de cet enjeu interdisciplinaire innovant et prometteur.

Michael Rowlinson et Dan Wadhwani, deux spécialistes éminents de cette question de l’interface entre histoire et sociologie des organisations, ont été invités à dialoguer avec des chercheurs et chercheuses soucieux de se former à cette interdisciplinarité nouvelle. Le but de cette rencontre paritaire à tous points de vue était d’amorcer une collaboration prolongée entre ces chercheurs aux intérêts scientifiques convergents, afin d’inscrire durablement les institutions respectives (Triangle, EMLYON / IFGE, IEP, Lyon 2, ENS) dans ce débat récent qui reflète la volonté d’ouverture et de coopération qui les anime.

Peugeot, la fin d’une saga familiale

Contraint d’augmenter son capital et de faire rentrer Dongfeng et l’Etat français à 14% chacun, le groupe Peugeot voit sa gouvernance fortement modifié. Pierre-Yves Gomez revient sur la perte d’influence de la famille Peugeot sur le célèbre groupe automobile qui porte son nom.

Pour lire l’article : 2014-02-03~Gomez LE_MONDE_ECO

Travailleurs, travailleuses, parlez de vous !

« Depuis une vingtaine d’années, les mots « travail » et « travailleur » ont quasiment disparu des discours manageriaux ».

Pierre-Yves Gomez revient dans une tribune dans L’Expansion sur la thèse de son livre Le Travail Invisible où il montre que la réalité du travail a été masquée par l’usage d’outils abstraits et le pilotage des entreprises par des ratios.

Pour télécharger : Gomez Travail Invisible L’ Expansion 2013-12

Nouveau livre de Pierre-Yves Gomez et Harry Korine

Strong managers, strong owners : Corporate Governance and strategy, publié à Cambridge University Press par Pierre-Yves Gomez et Harry Korine, explique comment et pourquoi la stratégie peut modifier la nature de l’actionnariat et inversement comment le type d’actionnariat influence les choix stratégiques. Ce livre permet d’apporter des réponses aux acteurs des entreprises de toutes tailles sur les relations mouvantes entre le conseil d’administration, les managers et les actionnaires et comment la réflexion stratégique doit être accompagnée d’une réflexion sur la gouvernance.

Pour plus d’informations sur Strong managers, strong owners, cliquez ici.

Entreprise & Société

L’entreprise est plus qu’un lieu de production : elle est devenue la principale institution contemporaine. Ses politiques d’investissement de recherche ou d’emploi ont un impact sur la société tout entière. De la même façon, ses engagements pour la société, notamment dans le cadre de stratégies socialement responsables, ouvrent des pistes de réforme des comportements ou, au contraire, accentuent les difficultés. Les travaux de ce pôle cherchent à approfondir la relation entre performance économique et performance sociétale.

Pour des informations complémentaires, consulter le blog de Pierre-Yves Gomez.

THÈMES DE RECHERCHE

Le gouvernement des entreprises n’est pas déconnecté de leur environnement politique et culturel.
Les règles et les lois qui s’imposent sont aussi la conséquence des mentalités et de l’évolution intellectuelle de nos sociétés vers plus de transparence, de contrôle du pouvoir et de démocratie. L’entreprise est, de ce fait, un espace politique où on gouverne des humains selon les règles de « bon gouvernement » que tolère la société à chaque période de son Histoire.
L’exigence de responsabilité sociale est une manière nouvelle de définir les droits et devoirs que la société et l’entreprise entretiennent mutuellement dans un monde capitaliste libéral.

Notre programme de recherche aborde deux questions principales :

Entreprise et démocratie

La société libérale moderne se fonde à la fois sur le pouvoir économique et politique de l’entrepreneur d’une part, et sur la technique de contrôle démocratique du pouvoir d’autre part.
Comment ces deux forces opposées s’équilibrent-elles pour former des systèmes de gouvernance efficaces, c’est-à-dire permettant à la fois suffisamment de latitude d’action à l’entrepreneur tout en assurant un contrôle destiné à limiter les risques éventuels liés à ses décisions ? Comment l’entreprise arrive-t-elle en se développant à influencer l’espace politique jusqu’à le saturer.
Nos publications de référence sur cette question sont complétées par des travaux qualitatifs destinés à comprendre comment le problème se pose dans des espaces culturels non-occidentaux comme, par exemple, l’Inde et la Chine.

Groupe de recherche anthropologie chrétienne et entreprises (GRACE)

Alors quLogo format A4e de très nombreux travaux sont réalisés sur la finance islamique ou sur la place de la spiritualité dans l’entreprise, trop peu de recherches portent sur l’influence de l’anthropologie chrétienne sur le capitalisme et sur l’entreprise en particulier. Or, comme Max Weber, l’a montré les liens sont extrêmement étroits et parfois en grande tension dès l’origine de l’économie moderne. Pourtant c’est dans le milieu culturel chrétien que l’entreprise est née, s’est développée et a établi les principales formes de gouvernance. Au moment où le monde se globalise il importe de bien comprendre sur quelle représentation de l’homme reposent les pratiques de gouvernement des hommes d’entreprise. L’anthropologie chrétienne fournit une piste importante. C’est pourquoi, dans le cadre de l’IFGE, un programme de recherche spécifique, interdisciplinaire et inter-universitaire, le GRACE, invite chercheurs et praticiens à approfondir la dimension analytique et critique portée par la doctrine sociale chrétienne.

Pour découvrir le site du GRACE, cliquez ici.

 

Identité nationale ?

46% des français travaillent pour une multinationale. Quelles sont les nouvelles questions économiques, politiques et sociales qui se posent ? Pierre-Yves Gomez livre ses réfexions sur les ambiguités actuelles de l’identité nationale dans sa chronique in Le Monde Eco et Entreprise.

Pour télécharger : 2013-11 Le Monde Eco Entreprise

Au fondement du solidarisme républicain : la solidarité comme fait et comme devoir

Benjamin Chapas, enseignant-chercheur à l’ESDES et chercheur associé à l’IFGE, publie un article sur le solidarisme dans la revue Economie et Sociétés dans la série Histoire de la pensée économique.

 

CHAPAS B., (2013), « Au fondement du solidarisme républicain : la solidarité comme fait et comme devoir », Economies et Sociétés, Série « Histoire de la pensée économique », n° 49, 10/2013, pp. 1637-1658.

Nouveau livre de Pierre-Yves Gomez et Harry Korine

Dans Strong managers, strong owners : Corporate Governance and strategy, Pierre-Yves Gomez et Harry Korine expliquent comment et pourquoi la stratégie peut modifier la nature de l’actionnariat et inversement comment le type d’actionnariat influence les choix stratégiques. Ce livre permet d’apporter des réponses aux acteurs des entreprises de toutes tailles sur les relations mouvantes entre le conseil d’administration, les managers et les actionnaires et comment la réflexion stratégique doit être accompagnée d’une réflexion sur la gouvernance.

Pour plus d’informations sur Strong managers, strong owners, cliquez ici.

Administrateurs salariés : une nouvelle occasion manquée

Alternatives Economiques donne la parole à Pierre-Yves Gomez à propos de la présence d’administrateurs salariés dans les conseils d’administration français. La loi de juin 2013 oblige les entreprises de plus de 5000 employés à avoir au moins un administrateur salarié au sein de leur conseil mais nous restons en France très loin du modèle allemand de parité en place depuis 1976. Une mise en perspective sur le décallage entre les intentions et les timides actions du législateur.

Pour télécharger : 2013-10 Alternatives_Economiques

Pour une théorie de la participation des salariés fondée sur le don

Nicolas Aubert publie un article dans la revue Économie et Sociétés sur la complémentarité des deux formes de participation des salariés – à la gestion et au capital – à l’entreprise en les articulant grâce au don.

Aubert Nicolas. Pour une théorie de la participation des salariés fondée sur le don, 2013, Economies et Sociétés, série K, vol. 22, n ̊1.

Résumé

Dans la lignée des travaux de François Perroux, nous discutons des conditions pour fonder une théorie de la participation des salariés sur le don. Nous constatons d’abord l’échec de l’articulation théorique des deux formes de participation des salariés dans l’entreprise: participation aux décisions et à la gestion et participation aux bénéfices et au capital. Les travaux empiriques constatent la complémentarité des deux formes de participation qui ne trouve pas de justification pour les théories contractuelles de l’entreprise. Afin d’expliquer cette complémentarité, nous proposons de nous référer à Perroux qui lie don et participation.

In their profession’s service: how staff professionals exert influence in their organisation

L’article se fonde sur une étude inductive qui montre les pratiques d’influence des responsables de la santé et de la sécurité  du personnel sur leur organisation. Par différentes manœuvres, ils construisent une légitimité et exercent des tactiques discrètes d’influence pour contourner les contraintes sociales, promouvoir des pratiques ou en perturber d’autres. L’article discute les enseignements théoriques sur les questions d’agence et les implications plus générales sur les logiques institutionnelles.

Thibault Daudigeos, 2013. In their profession’s service: how staff professionals exert influence in their organisation, Journal of Management Studies, 50, 5: 699–962.

Abstract

This paper seeks to better understand the way staff professionals bring professional practices inside their organization by examining how they enact a practical agency to promote or disrupt practices. From an inductive study of occupational safety and health managers in a multinational construction company, we develop a framework of how staff professionals build perceived legitimacy and exert unobtrusive influence tactics to manoeuvre around social constraints. We contend that our principal contribution to the literature on institutional work is to provide a situated account of the practical agency of staff professionals inside one organization. In doing so, we extend current knowledge of the embedded agency paradox. Finally, our analysis offers new insights into the literature on professions and institutions by highlighting the work of staff professionals in a real-life context, which has received scant attention in the last three decades.

Redécouvrir le solidarisme : un enjeu de taille pour l’économie sociale et solidaire

Benjamin Chapas, enseignant-chercheur à l’ESDES et chercheur associé à l’IFGE, publie un article dans la revue du MAUSS.

« Sans doute une des raisons principales qui empêchent l’économie sociale et solidaire de jouer pleinement son rôle est-il le flou relatif de ses fondements doctrinaux. L’auteur montre ici tout le bénéfice qu’elle pourrait retirer d’un retour à l’une de ses sources : le solidarisme. A. C. »

Benjamin Chapas, « Redécouvrir le solidarisme : un enjeu de taille pour l’économie sociale et solidaire », Revue du MAUSS permanente, 17 juillet 2013 [en ligne]. Accès ici: http://www.journaldumauss.net/./?Redecouvrir-le-solidarisme-un

Extrait:

« Introduction: A l’heure où les risques contenus dans les conceptions économiques et politiques qui ont prévalu au 20e siècle se font cruellement sentir, la redécouverte de la pensée solidariste constitue une très bonne nouvelle pour tous ceux qui appellent et travaillent à l’émergence d’une « économie sociale et solidaire ». En plus de renouer avec une doctrine qui a joué un rôle important dans la structuration de cette « autre économie » (Azam, 2003), c’est en effet pour eux l’occasion de réaffirmer l’ambition politique d’un mouvement qui est né dans la lignée des mouvements associationnistes du 19e siècle – laquelle ambition est ultimement contenue dans l’idéal moderne d’émancipation des individus (Caillé et Chanial, 2011). Car, on le sait, si les chiffres témoignent de sa bonne santé et que son utilité est le plus souvent reconnue, l’ESS souffre encore à cet égard d’un manque de reconnaissance par rapport à l’économie capitaliste « classique », au sens où ses réalisations n’empêchent pas qu’elle peine à s’affirmer comme un mouvement unifié et capable de renouer avec l’exigence d’universalisation et de transformation sociale qui est au fondement de nos sociétés modernes et démocratiques. Le développement accéléré du domaine des « solidarités volontaires » ces trente dernières années semblant alors se payer au prix d’une incapacité à en désigner les contours autrement que de manière relative et négative, soit en opposition à la croyance que la seule organisation économique efficace et légitime est celle qui fait droit aux mobiles de l’intérêt individuel et passe par le détour exclusif du marché (Caillé, 2003 et 2005).

Aussi, c’est précisément parce que le solidarisme est une pensée politique qui a inscrit l’exigence d’émancipation des individus au fronton de son temple qu’il nous a semblé opportun de voir si, de son épure théorique, on ne pouvait dégager quelques « prises » permettant de se doter d’une acception plus « positive » de l’ESS. Notre objectif étant de faire ainsi un pas un pas vers la constitution de cette « théorie générale de l’ESS » sans laquelle, comme le pense Draperi (2011), le projet sociopolitique qui la fonde risque de ne jamais être pris au sérieux autrement que par ceux qui s’en font les promoteurs. Tel est le point de départ de notre travail dans lequel, en d’autres … « 

Taking Stock Of Institutional Complexity

Thibault Daudigeos publie avec Amélie Boutinot et Stéphane Jaumier un article dans la revue Research in the Sociology of Organizations sur les logiques sous-tenantes aux phénomènes institutionnels complexes de long terme.

Daudigeos, Boutinot & Jaumier, 2013. Taking Stock Of Institutional Complexity: Anchoring A Pool Of Institutional Logics Into The Interinstitutional System With A Descendent Hierarchical Analysis, Research in the Sociology of Organizations, 2013/6/24, 39, 319-350.

Lire l’article

Résumé

Le pluralisme institutionnel est un phénomène fascinant pour les chercheurs institutionnels. Comment l’équilibre entre les logiques évolue dans un domaine et quel genre de trajectoires un ensemble de logiques peuvent rencontrer sur une longue période reste flou. En particulier, la littérature existante a trop souvent tendance à minimiser la complexité institutionnelle en se concentrant sur deux logiques dominantes, et à ignorer les modes d’interaction qui ne sont pas de l’ordre de la logique de concurrence. Afin de répondre à ces questions, nous proposons une nouvelle méthode pour mesurer la complexité institutionnelle multiple. 

Abstract

Institutional pluralism is an intriguing phenomenon for institutional scholars. How  the balance among logics evolves within a field and what kind of trajectories a set of logics  may experience over a long-term period remain unclear. In particular, extant literature tends  too often to downplay institutional complexity by focusing on two dominant logics, and to  ignore modes of interaction among logics other than competition. In order to address these  issues, we offer a novel methodology for measuring institutional complexity–multiple …   

Gouvernance des PME familiales

Le modèle de gouvernance familial n’est pas un modèle de solidité, loin de là. Ses forces sont aussi ses faiblesses. Pouvoir centralisé, effet de seuil, isolement du dirigeant… Retour sur des problèmes chroniques dans un long article sur le capitalisme familial à la française.

Pour télécharger : 2013-06-Le_Nouvel_Economiste

On prend des femmes et on recommence

Pierre-Yves Gomez contraste l’avancée rapide de l’application de la loi Coppé-Zimmerman sur la parité dans les conseils d’administration des sociétés cotées avec la prudence législative concernant la représentation des salariés. Pourquoi ? La première contrairement à la seconde poursuit ou accentue la reproduction sociale au sein des institutions de gouvernance.

Pour télécharger : 2013-06 Le_Monde_Eco_et_Entreprise

Les patrons sont-ils trop payés ?

Pierre-Yves Gomez soulève la question de la justification de la rémunération des dirigeants des entreprises du CAC 40 qui se sont envolés malgré l’obligation depuis 2001 de les publier. Ce n’est donc pas le marché des dirigeants qui manque de transparence. C’est la hiérachie, d’où ils justifient leurs rétributions.

Pour télécharger : 2013-05-Le_Monde Eco Entreprise

La gouvernance des PME et PMI. Enquête APM/IFGE 2013.

L’Association pour le Progrès du Management (APM) et l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE) se sont associés pour réaliser un état des lieux du gouvernement des PME et PMI françaises non cotées. La présente étude a été menée au cours de l’année 2012 et, après celle de 2007, permet de dresser une nouvelle cartographie de la gouvernance des entreprises qui échappe au prisme des très grandes sociétés cotées.

L’enquête APM/IFGE est unique parce qu’elle se focalise sur les petites et moyennes entreprises, contrairement à la plupart des recherches sur le thème de la gouvernance qui privilégient les grandes sociétés cotées. L’objectif est de mieux connaître les pratiques et les structures propres à ces entreprises, leur réalité sociale et économique.

Contact : Sébastien Dérieux – derieux@em-lyon.com

Pour télécharger : Etude APM IFGE 2013

Les entreprises continuent à s’approprier le code de gouvernance MiddleNext

Publié en décembre 2009, le code de gouvernance MiddleNext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées moyennes et petites des recommandations fondées sur une gouvernance « raisonnable » et compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire.

Comme chaque année, MiddleNext a confié à l’IFGE l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2011. En donnant une image de la population des entreprises qui ont adopté le code MiddleNext, le rapport permet de mieux appréhender leurs caractéristiques, leurs systèmes de gouvernance et les problématiques que le code peut permettre de résoudre.

Le rapport décrit les entreprises ayant adopté le code MiddleNext et leurs systèmes de gouvernance. Il donne des détails sur la mise en œuvre concrète des recommandations du code MiddleNext. On observe en particulier une progression du nombre d’entreprises ayant mis en place un règlement intérieur pour leur conseil (85% en 2011 vs 48% en 2009) ainsi qu’une très nette augmentation du nombre de sociétés ayant mis en place une évaluation des travaux du conseil (62% en 2011 vs 31% en 2010).

« Nous sommes heureux de constater que les valeurs moyennes s’approprient de mieux en mieux le code MiddleNext » souligne Caroline Weber, Directrice générale de MiddleNext. Pour Pierre-Yves Gomez, directeur de l’IFGE, «année après année, on voit se dessiner le profil de gouvernance des entreprises moyennes et leur différence avec les entreprises du CAC40».

Pour télécharger : Rapport_2012_Code_Gouvernance_MiddleNext

Spanghero ou les dérives d’une coopérative agricole

Xavier Hollandts, Angela Sutan et Bertrand Valiorgue détaillent dans un article du Huffington Post les dérives de Spanghero, entreprise détenue par un groupe coopératif agricole et dont la gouvernance s’est éloignée des valeurs coopératives. En vendant de la viande de cheval achetée à l’étranger pour la revendre comme viande de bœuf, Spanghero a créé une vive polémique sur l’agroalimentaire et les tromperies commerciales.

Les entreprises continuent à s’approprier le code de gouvernance MiddleNext

Pour télécharger : Rapport_code gouvernance MiddleNext 2012

Publié en décembre 2009, le code de gouvernance MiddleNext a pour vocation de proposer aux entreprises cotées moyennes et petites des recommandations fondées sur une gouvernance « raisonnable » et compatibles avec leur taille, leur structure de capital et leur histoire.

Comme chaque année, MiddleNext a confié à l’IFGE l’analyse des entreprises qui se sont référées à son code de gouvernance pour l’exercice 2011. En donnant une image de la population des entreprises qui ont adopté le code MiddleNext, le rapport permet de mieux appréhender leurs caractéristiques, leurs systèmes de gouvernance et les problématiques que le code peut permettre de résoudre.

Le rapport décrit les entreprises ayant adopté le code MiddleNext et leurs systèmes de gouvernance. Il donne des détails sur la mise en œuvre concrète des recommandations du code MiddleNext. On observe en particulier une progression du nombre d’entreprises ayant mis en place un règlement intérieur pour leur conseil (85% en 2011 vs 48% en 2009) ainsi qu’une très nette augmentation du nombre de sociétés ayant mis en place une évaluation des travaux du conseil (62% en 2011 vs 31% en 2010).

« Nous sommes heureux de constater que les valeurs moyennes s’approprient de mieux en mieux le code MiddleNext » souligne Caroline Weber, Directrice générale de MiddleNext. Pour Pierre-Yves Gomez, directeur de l’IFGE, «année après année, on voit se dessiner le profil de gouvernance des entreprises moyennes et leur différence avec les entreprises du CAC40».

Nouveau livre de Pierre-Yves Gomez : Le travail invisible

Le nouvel ouvrage de Pierre-Yves Gomez permet de faire le lien entre le gouvernement d’entreprise et le travail.

Voilà trente ans que l’on nous fait la promesse d’une société où l’on ne travaillerait plus. Une société ludique, des loisirs sans fins, des subventions faciles. L’esprit de rente est l’opium du peuple. Un puissant narcotique pour gouverner une société indolente où des magiciens divertissent les travailleurs et les font disparaître. Le travail est devenu invisible. Pendant ce temps, les nouveaux capitaines du monde ont imposé leur pouvoir grâce à un savoir mystérieux et terriblement efficace, « la finance ».

Ils ont fait croire que l’on pouvait créer de la valeur à partir de rien. Et le piège spéculatif s’est refermé sur nous. Mais la solution se profile déjà . La crise du travail montre que les travailleurs aspirent à être reconnus, à trouver du sens à ce qu’ils font au quotidien, à en voir le résultat concret. Dans la vraie vie, le travail peut être pénible et fatiguant, mais il est aussi stimulant et enrichissant. Dans la vraie vie, le travail est vivant.

Ecrit pour le grand public, cet ouvrage sert déjà de référence pour les politiques d’innovation de grandes sociétés.

Pour voir des vidéos, lire des extraits du livre ou discuter avec l’auteur, rendez-vous sur le blog de Pierre-Yves Gomez en cliquant ici.

Le courant de la Corporate Social Responsiveness revisité

Pour télécharger : Daudigeos Valiorgue M@n@gement 2012

Quels sont les facteurs intra-organisationnels qui déterminent la mise en œuvre des démarches de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) pouvant aller jusqu’à la transformation de son modèle économique ? Cette question revêt un caractère urgent et pratique, dans un contexte où les initiatives des entreprises en la matière sont de plus en plus nombreuses et font l’objet de stratégies assumées et largement relayées auprès des parties prenantes (Aggeri, Pezet, Abrassart, & Acquier, 2005). Pour ces entreprises, la RSE et le développement durable (DD) ne renvoient pas seulement à l’éthique de leurs dirigeants où à l’édiction d’une politique générale d’entreprise. Ils mettent en jeu la conception de nouveaux produits, la transformation des processus de production, d’incitation et d’évaluation, et la conduite de changements organisationnels transversaux. Quelle que soit la bonne volonté des dirigeants pour les promouvoir, ces initiatives se heurtent fréquemment à des résistances et des inerties.

Pourtant, les recherches académiques analysant les dimensions intra-organisationnelles de la RSE et du DD restent embryonnaires. Parmi celles-ci, il est possible de distinguer deux familles de travaux. La première, d’inspiration stratégique, s’intéresse aux déterminants internes de l’adoption de pratiques responsables. Ces travaux explorent des dimensions spécifiques du processus d’adoption : l’existence de « champions » internes (Andersson & Bateman, 2000; Howard-Grenville, 2007), l’importance d’un contexte managérial (Bansal, 2003; Ramus & Steger, 2000), le rôle des managers dans l’identification et le traitement des enjeux environnementaux et sociaux (Bansal & Roth, 2000; Sharma, 2000), l’influence des systèmes de management (Acquier, 2010; Boiral, 2007; Reverdy, 2005) ou encore les processus de coordination des différentes fonctions de l’entreprise (Aragon-Correa, 1998; Delmas & Toffel, 2008). Pris ensemble, ces recherches permettent de dépasser une vision simpliste, qui réduirait l’action sociale et environnementale de l’entreprise aux seules décisions de ses dirigeants (Agle, Mitchell, & Sonnenfeld, 1999). Néanmoins, elles manquent d’une vue synthétique et holistique sur le management et la coordination de l’ensemble de ces transformations. Par ailleurs, elles n’abordent pas la variété des processus gestionnaires qui existent au sein ou entre les firmes.

La seconde famille, quant-à-elle, est d’inspiration sociologique. Elle mobilise des outils de théorie des organisations (analyse discursive, théorie néo-institutionnelle, processus de construction de sens) pour interpréter les discours et pratiques en matière de RSE/DD. A un niveau macro, ces travaux soulignent l’influence de variables institutionnelles sur le comportement de l’entreprise (Aguilera, Rupp, Williams, & Ganapathi, 2007; Campbell, 2007). A l’intérieur de la firme, ils analysent les discours en matière de RSE (Crane, 2000; Humphreys & Brown, 2008), ou décrivent la manière dont l’identité de la firme, ses valeurs, et les représentations des managers influencent les pratiques managériales (Basu & Palazzo, 2008; Howard-Grenville, Nash, & Coglianese, 2008). S’intéressant à la construction sociale de la responsabilité, ces travaux, à dominante théorique, ne prêtent qu’une attention limitée aux structures formelles et aux dispositifs organisationnels qui conduisent à une transformation du processus de production de l’entreprise et à l’inflexion de son modèle économique. Les difficultés auxquelles sont confrontés les managers qui participent aux démarches sociales et environnementales restent peu étudiées. Par ailleurs, si elle est prompte à identifier des lois générales visant à prédire le comportement de la firme, cette littérature reste vague en ce qui concerne l’analyse des pratiques concrètes, leur évolution, et leur impact sociétal (Walsh, Weber, & Margolis, 2003). Les questions relatives au pilotage managérial et à l’institutionnalisation intra-organisationnelle des démarches de RSE/DD restent encore largement sous-étudiées.

C’est ce constat qui, dans le courant des années 1970, a été le point de départ d’un programme de recherche sur la Corporate Social Responsiveness au sein de la Harvard Business School. Pour Robert Ackerman et Raymond Bauer, les auteurs à l’origine de ce courant, l’engagement des dirigeants ne suffit pas, et les enjeux moraux associés aux démarches de RSE ne sauraient éclipser les problèmes managériaux et organisationnels posés par de telles politiques (Ackerman, 1973; Ackerman, 1975 ; Ackerman et Bauer, 1976). Cette prise de position originale invite à la redécouverte du courant Corporate Social Responsiveness  et au rapprochement avec les pratiques managériales et les recherches contemporaines. Cet article propose une analyse de la genèse, du contenu et de la destinée de ce programme de recherche. Il s’inscrit dans un mouvement plus général visant à dresser la généalogie des pratiques et des concepts théoriques du champ de la RSE, afin d’éclairer les développements contemporains (Acquier & Gond, 2007; Carroll, 2008).

Ce détour historique offre trois apports. Le premier est une prise de recul par rapport à la diffusion contemporaine de pratiques présumées nouvelles en matière de RSE/DD. Ainsi, le contexte nord américain des années 70, marqué par la multiplication d’initiatives de RSE, entre en forte résonance avec la situation actuelle : les enjeux gestionnaires de l’époque font écho aux problèmes rencontrés par les entreprises qui ont, depuis la fin des années 90, initié de nombreuses démarches analogues (Arjaliès-de la Lande, Péan, & Tinel, 2009; Oppenheim, Bonini, Bielak, Kehm, & Lacy, 2007). Cet éclairage historique permet aussi de mieux identifier des cycles de diffusion ou de retrait du concept et des pratiques en matière de RSE dans le milieu des affaires (Gond & Crane, forthcoming).

Le second apport est analytique et théorique. Il s’agit de synthétiser le contenu du programme Corporate Social Responsiveness, afin d’évaluer sa contribution au courant Business & Society et au management stratégique. Si certains travaux fondateurs du management stratégique ont explicitement incorporé la RSE comme une des composantes influençant la formation de la stratégie (Learned, Christensen, Andrews, & Guth, 1965; Mintzberg, 1990), les travaux d’Ackerman et Bauer sont les premiers à considérer les démarches et instruments de RSE comme des objets de recherche centraux tout en les analysant dans une perspective stratégique et organisationnelle. Par ailleurs, ils font partie des rares approches à resituer la complexité de l’action du dirigeant en matière de RSE, à ne pas traiter l’organisation comme une boite noire mais à s’intéresser à la manière dont sa structure, ses processus, ses systèmes, ses outils, jouent sur l’intégration des enjeux sociaux et environnementaux.
Enfin, un troisième apport consiste à comprendre le destin du courant Corporate Social Responsiveness qui a eu une influence relativement limitée sur les travaux ultérieurs. Nous rendons compte de la disparition du courant de recherche à travers différents facteurs : le recul des pratiques d’entreprise en matière de RSE à partir de la fin des années 70, les dynamiques académiques internes des champs Business & Society et management stratégique, la trajectoire personnelle des instigateurs du courant Responsiveness, et, plus fondamentalement, le déficit d’identité épistémologique du programme de recherche.

Cet article est structuré en trois parties. Nous revenons premièrement sur le contexte d’émergence de ces travaux (I). Nous développons ensuite les principaux apports de ce courant (II) et terminons en présentant un éclairage sur le destin de la Corporate Social Responsiveness (III). La conclusion aborde les perspectives de prolongement du modèle en soulignant ses apports aux développements analytiques les plus récents.

Thèse de Aurélien Eminet sur la sélection des administrateurs de sociétés dans les grandes entreprises françaises

Oligarchie et dynamique de professionnalisation – la sélection des administrateurs de sociétés dans les grandes entreprises françaises

Les principes et procédures de la sélection des administrateurs de sociétés, enjeux forts pour les acteurs du gouvernement des entreprises, sont très critiqués, notamment parce que les dirigeants les influenceraient à leur avantage. En réaction, un projet de professionnalisation de cette fonction émerge, auquel la littérature fait encore peu écho. En quoi cette professionnalisation modifie-t-elle la sélection des administrateurs et la donne politique du gouvernement des entreprises ?

Pour mieux appréhender cette autorégulation collective et institutionnalisée, nous intégrons à la littérature existante les apports de la sociologie des professions. Le cadre d’analyse proposé permet également de saisir la dynamique sociale contemporaine qui traverse l’élite économique.

Cette thèse montre que les normes professionnelles modifient l’équilibre des pouvoirs à l’intérieur des conseils et incitent au recrutement d’administrateurs qui y adhèrent. Alors qu’elles diminuent l’influence individuelle des dirigeants dans leur conseil, elles tendent à renforcer leur influence collective. Par ailleurs, tout en autorisant le maintien de représentations plurielles de la fonction d’administrateur, ce projet de professionnalisation produit des standards professionnels et de la cohésion sociale. Il relégitime l’élite économique en superposant à la sélection oligarchique des critères professionnels institutionnels.

Mots clés : gouvernement des entreprises, sociologie des professions, administrateurs, conseils d’administration, élite, sélection, professionnalisation.

Membres du jury :

David Courpasson – Directeur de thèse
Jean-Philippe Denis – Rapporteur
Bernard Leca – Rapporteur
Isabelle Huault – Suffragant
Peter Wirtz – Suffragant
Pierre-Yves Gomez – Suffragant

Pour télécharger la présentation de soutenance de thèse : Thèse Eminet soutenance powerpoint

IFGE invité à l’Assemblée Nationale

La commission des Lois de l’Assemblée nationale a décidé, lors de sa réunion du 18 juillet dernier, la création d’une mission d’information sur la transparence de la gouvernance des grandes entreprises.

La réunion constitutive de cette mission s’est tenue le 31 juillet 2012. Elle a désigné :

Mme Corinne Narassiguin, députée des Français établis hors de France (1ère circonscription), aux fonctions de présidente et de rapporteure ;

M. Philippe Houillon, député du Val-d’Oise, aux fonctions de vice‑président et de co‑rapporteur ;

M. Jean-Michel Clément, député de la Vienne, à celles de vice‑président.

La mission devrait organiser ses réflexions autour de plusieurs axes d’études :

1- La composition et le mode de fonctionnement des organes dirigeants des grandes entreprises (indépendance et responsabilité des mandataires sociaux, mandats croisés, place des femmes, représentation des salariés, rôle de l’État actionnaire ou régulateur, rôle des agences de notation et de l’Autorité des marchés financiers…) ;

2- La rémunération des dirigeants-mandataires sociaux des grandes entreprises (vote consultatif ou contraignant des actionnaires sur les rémunérations des dirigeants-mandataires sociaux, clarification des modes de rémunération sous forme de stock-options, de distribution d’actions gratuites, de « retraites-chapeau », d’indemnités de départ et de non‑concurrence…)

3- La lisibilité de la stratégie des grandes entreprises à moyen et long termes (clarté et exactitude des rapports annuels, choix et évolution des méthodes de comptabilité, anticipation des difficultés des grandes entreprises et, par contrecoup, des petites et moyennes entreprises qui entretiennent avec elles des liens commerciaux et/ou financiers…).

Vous pouvez consulter l’intervention de Pierre-Yves Gomez et Aurélien Eminet à l’adresse suivante : http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?media=3607&synchro=1761568&dossier=12

Gouvernance des organisations entre universalisme et contingence

Chaque année depuis 2002, cet événement est l’occasion de réunir les chercheurs qui s’intéressent à la gouvernance d’entreprise. Les précédentes éditions se sont déroulées successivement à Montréal, Mons, Strasbourg, Genève, Bordeaux, Florence et Metz.

Point de rencontre de nombreuses disciplines (principalement la stratégie, la finance, le droit et l’économie), la gouvernance d’entreprise peut faire l’objet de travaux scientifiques de grande qualité. Les chercheurs sont invités, en fonction de leurs domaines de compétence et centres d’intérêt, à adopter les cadres analytiques et méthodologiques qui leur conviennent. Le thème central choisi pour cette année est le suivant : La gouvernance des organisations entre universalisme et contingence.

En effet, initialement menée dans le contexte des très grandes entreprises cotées au capital dispersé (les entreprises dites « à la Berle et Means »), la recherche en gouvernance a donné lieu à un modèle qui a sous-tendu de nombreuses propositions de réforme au cours des années 1990. Progressivement, la recherche académique a étendu son champ d’investigation à d’autres types d’organisation (gouvernance des entreprises mutualistes et coopératives, la PME, gouvernance de l’entreprise familiale, gouvernance de l’entreprise en croissance, gouvernance associative, gouvernance des organisations à but non lucratif …). Cette diversité des champs d’application nécessite une interrogation critique quant à l’adéquation de l’appareil conceptuel dominant. Des approches alternatives ont commencé à être explorées. Avec une vingtaine d’années de recul et suite aux crises récurrentes de la première décennie du 21ième siècle, il est aujourd’hui légitime de s’interroger sur le statut du modèle initial, ainsi que des modèles concurrents et/ou complémentaires.

Soumission des papiers

Dans cet esprit, nous sollicitons des contributions d’un spectre très large, que ce soit en termes de champ disciplinaire (gestion, finance, économie, droit, sociologie …), de cadre théorique, de champ d’application (organisations particulières, systèmes nationaux de gouvernance, …) ou de positionnement méthodologique (méthodes quantitatives, qualitatives, historiques, critiques …)

Les papiers, rédigés en français ou en anglais, doivent être envoyés en format électronique (word ou pdf) à cig2012lyon@gmail.com avant le lundi 6 février 2012.

Le comité scientifique procèdera à l’examen des propositions. La décision d’acceptation ou de refus sera transmise dès le 30 mars 2012. L’acceptation définitive des communications sera subordonnée à l’inscription avant le 20 avril 2012 et à la présentation de la communication par l’un au moins des auteurs.

Responsables de l’organisation : 

  • Pierre-Yves Gomez, professeur – EM Lyon
  • Peter Wirtz, professeur – IAE Lyon

 
Pour toute information complémentaire : 
Site web de la conférence : http://www.aaig-asso.com/cig2012/
Courrier Electronique : cig2012lyon@gmail.com
Appel à communications : http://www.aaig-asso.com/cig2012/cig2012.pdf

Pour télécharger : CIG 2012

La firme géante, stade ultime du marché financier

Pierre-Yves Gomez revient sur le développement sans précédent des grandes entreprises qui concentrent une part croissante des capitaux. Pierre-Yves Gomez montre que contrairement a une idée reçue, ce n’est pas la main invisible des marchés qui gouverne ces entreprises, mais bien celle de leurs propriétaires et de leurs managers.

Pour télécharger : Le Monde Economie avril2012

Comment les entreprises géantes déforment la bourse ?

On croit parfois que notre économie a été transformée grâce à la Bourse, parce que les entreprises ont pu se financer en capital. A partir des données de la base GEF/IFGE, ce cahier montre qu’il n’en est rien.

Sur la période 1992-2010, la Bourse a essentiellement profité à une soixantaine d’entreprises qui, en absorbant le capital, sont devenues des sociétés géantes. L’économie de marchés financiers a encouragé la concentration économique et accru la taille de certaines entreprises dans des proportions inédites.

On assiste à un décrochage croissant entre ces entreprises géantes et les entreprises moyennes. Cela crée aussi une illusion d’optique car les entreprises géantes déforment les analyses que l’on peut tirer des évolutions récentes. C’est ce que nous appelons l’effet Gulliver.

Contact : Pierre-Yves Gomez – gomez@em-lyon.com

Pour télécharger :  Cahier preuves à l’appui N1 2012

A la source de la contre-productivité

Pierre-Yves Gomez s’interroge dans sa chronique sur la source de la contre-productivité et montre que le modèle actionnarial de gouvernance des entreprises s’avère dans certaines circonstances destructeur de valeur.

Pour télécharger : Le Monde_01-2012

L’entreprise dans tous ses états

Le programme des séminaires de la saison 2011-2012 est le suivant :

1ère séance – Jeudi 20 octobre

Thomas Le Roux (chargé de recherche CNRS CRH, Paris) « Industrie, expertises et pollution, France 1750-1850 »

2e séance – Jeudi 24 novembre

Marie-Agnès Dequidt (docteure université Paris-Est Créteil, chercheuse associée au CRHEC).
« Entreprise, industrie ou artisanat ? L’horlogerie parisienne au XVIIIe siècle »

3e séance – Jeudi 15 décembre

Anne Dalmasso (professeure université Pierre Mendès France Grenoble 2,
LARHRA)
« Des PME aux groupes. Le cas de Neyrpic/Alstom Hydro (1917-2006) »

4e séance – Jeudi 12 janvier

Eugénie Briot (maître de conférences université Paris-Est Marne-la-Vallée, IRG) « Stratégies et pratiques managériales des parfumeurs parisiens au XIXe siècle »

5e séance – Jeudi 9 février

Francesco Garufo (docteur université de Neufchâtel-UTBM, post-doctorant au LARHRA) « Immigration et horlogerie : politique d’engagement, recrutement et intégration des travailleurs migrants dans une industrie cartellisée
(1930-1980) »

6e séance – Jeudi 15 mars

David Lambert (docteur université Paris-Sorbonne Paris IV, chercheur associé au FRAMESPA, Toulouse) « Des Lyonnais en Tunisie : portrait d’un groupe entre puissance économique et influence politique »

7e séance – Jeudi 5 avril

Boris Gehlen (chercheur Zentrum für Historische Grundlagen der Gegenwart, université de Bonn) « Interest Groups and Regulation in Germany, 1871-1935 » (intervention en anglais)

Les séances auront lieu à l’Institut des sciences de l’homme (ISH),
14 avenue Berthelot, Lyon 7e, de 17 h à 19 h, salle A. Frossard.

Séminaire ouvert à tout public
Contact :
herve.joly@ish-lyon.cnrs.fr
http://larhra.ish-lyon.cnrs

Pour télécharger : seminaire histoire des entreprises programme 2011-2012

Responsabiliser les chaînes de valeurs éclatées

Un enjeu majeur pour les entreprises engagées dans des démarches de développement durable (DD) ou de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) consiste à produire et offrir des biens ou services qui soient économiquement rentables et socialement responsables.

Cette problématique a reçu une attention particulière au sein du corpus de la Strategic CSR (McWilliams et Siegel 2001; Porter et Kramer 2006; Porter et Kramer 2011), qui exhorte les entreprises à équilibrer offre (coûts) et demande (volonté de payer des clients) en matière de RSE (McWilliams et Siegel 2001; Orlitzky et al. 2011) et à considérer la RSE ou le DD comme un espace stratégique de création de valeur partagée entre l’entreprise et la société (Acquier, 2008; Daudigeos & Valiorgue, 2011; Porter et Kramer 2006; Karnani 2007; Vilanova et al. 2009).

Malgré un intérêt indéniable, l’approche Strategic CSR fait l’impasse sur un point essentiel dans la compréhension de la formation d’une offre RSE : elle ne s’intéresse pas aux situations où la production d’une telle offre implique non pas une seule entreprise mais un ensemble d’entreprises imbriquées dans une chaîne de valeur éclatée . Même si une littérature émergente s’intéresse à la diffusion de démarches de RSE dans les chaînes logistiques et les politiques achats des grands groupes (Preuss 2001; Roberts 2003; Darnall et al. 2008; Beulin Meunier 2009; Carbone et Moatti 2010), l’approche Strategic CSR se trouve généralement en profond décalage avec la réalité organisationnelle des firmes contemporaines, caractérisées par une reconfiguration substantielle des frontières des entreprises, l’émergence des structures en réseau (Fréry 1997; Baudry 2004) et l’éclatement des chaînes de valeur (Gulati et al. 2000).

Ce décalage est d’autant plus problématique que la fragmentation des chaînes de valeur entre souvent en jeu dans les crises en matière de RSE , et que la diffusion par les grandes entreprises des démarches de RSE auprès de leurs fournisseurs apparaît souvent problématique et limitée (Quairel et Auberger 2007). En effet, responsabiliser une chaîne de valeur éclatée implique de coordonner un large ensemble d’acteurs, fournisseurs, sous-traitants, distributeurs, clients, alliés stratégiques et autres parties prenantes non marchandes (Dupuis 2008a; Dupuis 2008b).

Dans un tel contexte, la question n’est plus de savoir comment une entreprise intégrée peut tirer un avantage concurrentiel via un processus interne de responsabilisation, mais comment un ensemble d’entreprises juridiquement indépendantes peuvent parvenir à concevoir et valoriser une série de pratiques socialement responsables.

Face à ce questionnement, notre objectif dans cet article est de poser les briques analytiques permettant de comprendre les enjeux et freins associés à l’émergence d’une initiative transversale de responsabilisation (ITR) . Pour ce faire, nous nous appuierons sur l’appareillage analytique développé par la théorie des coûts de transaction (TCT), qui s’interroge sur les conditions d’émergence de nouveaux marchés et les dispositifs de gouvernance intra- et inter firmes (Williamson 1985; Baudry 2004; Williamson 2008).

Notre propos est structuré comme suit : la première partie explore les enjeux sous-jacents à l’émergence d’une ITR. Nous montrons qu’un telle initiative soulève des enjeux d’une double nature : d’une part, des enjeux économiques liés aux coûts de reconfiguration des processus de production et de réorganisation de la chaîne de valeur, d’autre part, des enjeux politiques liés à la modification des rapports de force dans la chaîne de valeur et à la répartition des investissements et des gains générés par l’initiative de responsabilisation. La seconde partie de l’article identifie deux variables affectant ces enjeux, et différencie quatre situations types d’ITR. Ces situations renvoient à des enjeux différenciés en termes d’action collective, et nécessitent des solutions de gouvernance spécifiques.

Au final, notre article vient amender l’approche Strategic CSR, en soulignant que l’émergence des « marchés de la vertu » est rendu largement plus complexe par la fragmentation des chaînes de valeur. Nous contribuons ainsi à expliquer pourquoi ces marchés ne se développent pas aussi vite qu’attendu (Chatterji et Levine 2005; Vogel 2006).

Bibliographie

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