L’entreprise capitaliste à l’épreuve de ses responsabilités sociales – AIMS 2008

Comment expliquez l’adhésion généralisée au concept de Responsabilité sociale de l’Entreprise (RSE) ?

Cet article part du postulat qu’une réponse nécessite le dépassement d’un paradoxe : pourquoi l’entreprise voudrait-elle être socialement responsable alors que l’intégration des attentes des parties prenantes génère à court terme des coûts de production ou transaction supplémentaires et s’oppose à la maximisation du profit pour les actionnaires ?

Notre argument se divise en deux mouvements. Premièrement, nous examinons les raisons qui poussent les acteurs non-économiques à interpeller l’entreprise sur ses responsabilités sociales. Nous distinguons un appel institutionnel à la RSE symptomatique du déficit de régulation de l’ancien modèle fordiste et plus largement un appel sociétal à la RSE, dû à une accélération du dévoilement des effets externes. Ces deux appels convergent vers la stigmatisation de la grande entreprise capitaliste. Le dépassement du paradoxe constitue le cœur de la seconde partie où nous interrogeons les fondements de l’adhésion des entreprises à ces appels. Une explication semble à première vue le maintien de leur légitimité.

Mais, pour aller plus loin, et penser la responsabilité sociale DANS l’entreprise, il nous semble opportun d’interroger les conditions de faisabilité d’une transformation réelle de l’activité productive de l’entreprise. Celle-ci repose sur deux activités : la rationalisation économique des effets externes et la valorisation marchande des démarches organisationnelles engagées afin de réduire ces effets externes.

Pour conclure, nous dressons l’inventaire des limites liées à la prise en charge des effets externes sous le couvert de la RSE.

 Pour télécharger : Daudigeos Valiorgue 2008 imsdd