Les déterminants de la représentation des actionnaires salariés au Conseil d’administration – CIGE 2009

Le modèle français de gouvernement d’entreprise se caractérise par un système hybride empruntant certaines caractéristiques au modèle anglo-saxon (notamment la suprématie des actionnaires externes) mais conservant des caractéristiques propres liées à son évolution historique, parmi lesquelles la présence de représentants syndicaux au conseil d’administration des grandes entreprises cotées (précédemment contrôlées par l’Etat) et une représentation croissante des salariés actionnaires.

Or, l’existence de ces mandats d’administrateurs salariés fait l’objet de débats récurrents. Certains estiment que le conseil d’administration ne constitue pas une instance adaptée à la représentation du personnel, du fait de l’existence du comité d’entreprise, chargé spécifiquement de cette fonction. De plus, les administrateurs salariés seraient amenés à occuper une position quasi-schizophrénique en prenant part à des décisions pouvant avoir des répercussions potentielles sur l’emploi et les conditions de travail. Enfin, les administrateurs salariés n’auraient à l’inverse des dirigeants et des représentants des actionnaires, ni les compétences ni l’expérience pour faire bénéficier le conseil d’administration d’une expertise pointue. En cela, leur légitimité à être présent au conseil d’administration serait remise en question. D’autres soulignent au contraire, que, dans une économie actuelle fondée de plus en plus sur les connaissances et l’immatériel, la reconnaissance de la place prépondérante prise par le capital humain dans le processus de création de valeur justifie par essence la représentation de ce même « capital humain » au conseil d’administration.

Au regard de ce débat, nous avons voulu adopter une position objectivée en nous interrogeant sur la problématique suivante : les administrateurs salariés ont-ils une influence sur la performance de l’entreprise ? Pour y répondre, nous analysons dans une première partie les différents arguments théoriques permettant d’envisager l’effet de la représentation des salariés au conseil d’administration sur la performance de l’entreprise. Dans une seconde partie, nous présentons les résultats d’une étude longitudinale d’envergure portant sur les sociétés du SBF 250 (2000-2005). Cette dernière offre non seulement un état des lieux de la représentation des salariés au gouvernement d’entreprise mais permet aussi, et tout particulièrement, la production de résultats économétriques testant l’effet de la représentation des salariés sur la performance de l’entreprise.